Russie de nos jours. Une jeune femme a voulu faire parvenir un colis à son mari emprisonné mais il lui a été retourné. Elle se déplace à la prison mais le paquet est refusé sans explication au guichet de contrôle. Dès lors, la jeune femme multiplie les tentatives, vaines, pour entrer en contact avec son mari. Le film commence de façon kafkaïenne par la confrontation d'une femme modeste, anonyme, seule et démunie à l'absurdité du système administratif implacable. Mais, dans son parcours du combattant, la jeune femme rencontre une multitude de personnages marginaux et grotesques, qui représentent la misère accablante dans l'actuelle Russie. Ils noient leur désespoir dans l'alcool et la prostitution. Le cinéaste brosse un tableau social terrible de l'abandon et de la pauvreté, mais d'une lourdeur accablante. Le constat du film , interminable, ennuyeux et plombant, n'est pas d'un pessimisme nouveau. Vers la fin, l'héroïne épuisée par sa lutte s'endort et rêve dans la salle d'attente d'une gare , et elle est emportée dans un monde onirique qui préfigure symboliquement sa mort: cette seule séquence a des images magnifiques. Mais, malgré son titre, le film n'a aucun rapport avec la nouvelle de Dostoïevski , cette femme n'est pas douce mais mutique, traversant les bas-fonds avec dignité, un beau visage douloureux et fermé. NOTE: 2/10