Le film retrace les actions collectives d'Act Up dans les années 90 contre les laboratoires pharmaceutiques et les hommes politiques pour sensibiliser le gouvernement et l'opinion publique à la nécessité urgente de prendre en considération les séropositifs et de procurer un vrai traitement médical aux malades du Sida. Campillo opte pour le style documentaire dans cette première partie en reconstituant (assez vaguement) l'historique de ce mouvement engagé , avec ses actions percutantes, ses assemblées générales, son fonctionnement interne . Il fait aussi le point sur les rares traitements, aléatoires, à la disposition des séropositifs. Cette partie est trop longuement développée , et filmée sans style, insistant lourdement sur les débats houleux et les prises de parole interminables et répétitives des membres d'Act Up. Ces discussions véhémentes et chaotiques alternent avec des scènes stéréotypées de danse en boite de nuit. Le groupe est privilégié sans que ceux qui le constituent ne soient bien individualisés (quelle est l'histoire personnelle de chacun? ) Puis Campillo suit la relation amoureuse entre deux membres du groupe jusqu'au décès du plus jeune d'entre eux. Cette histoire d'amour tragique est exposée de façon extrêmement complaisante dans l'émotion larmoyante qui accompagne l'agonie du jeune homme. La fin est assez incohérente et irrespectueuse. Bref un long film hybride qui s'égare en digressions dans le traitement de son sujet. On est très loin des témoignages poignants d'Hervé Guibert écrits à la même époque ("Le Protocole compassionnel" par exemple) ou du film intense de Dolan d'après la pièce de Lagarce "Juste la fin du monde". NOTE: 2/10