Durant la guerre de Sécession, les jeunes femmes d'un pensionnat recueillent et cachent un caporal ennemi gravement blessé. Elles le soignent, et toutes ces femmes privées d'amour , qui vivent entre elles en huis clos, sont irrésistiblement attirées par ce bel homme et rivalisent pour le séduire... La réalisatrice Sofia Coppola reprend le film de Don Siegel tourné avec Clint Eastwood en privilégiant la beauté raffinée de l'atmosphère. La scène d'ouverture, avec la découverte par une petite fille du soldat blessé dans les sous-bois, semble être une magnifique réécriture du Petit Chaperon rouge. Le début du film est fascinant car il nous introduit dans un monde mystérieux où très vite l'innocence (?) va être troublée par le mal/ le mâle. Le rituel harmonieux de ces femmes qui vivent paisiblement entre elles dans une sorte de temple sacré est rapidement perturbé par l'intrusion de cet homme qui devient vite l'objet de tous les désirs. La réalisatrice filme avec beaucoup de discrétion les projections amoureuses des femmes sur cet inconnu. Mais malheureusement , à force de privilégier la beauté du cérémonial dans des images très raffinées éclairées à la bougie, le film perd sa force et son audace. Il déçoit et l'on s'interroge sur l'opportunité de ce remake: qu'a voulu ajouter la cinéaste au film d'origine? Il aurait fallu que les désirs s'expriment de façon plus ardente, que l'on sente mieux la passion de ces femmes privées d'hommes, mais l'oeuvre aseptisée manque d'audace et de sensualité . Colin Farrell est trop effacé , sans le charisme d'Eastwood, au milieu de toutes ces ravissantes proies potentielles, fausses vierges candides qui s'offrent plus ou moins à lui, et le renversement des rôles n'a pas assez de violence perverse. C'est davantage un joli film élégant qu'un film machiavélique, alors que le sujet était là. NOTE: 5/10