Dans la ville d'Austin au Texas, le film raconte les relations amoureuses d'une jeune femme prise entre un jeune chanteur qui veut faire carrière et un imprésario cynique qui exploite l'artiste fragile, les deux hommes étant à la fois amis et rivaux. Le scénario n'est qu'un prétexte pour développer un long film qui explore un style cinématographique très particulier consistant à raconter cette histoire d'une façon très subjective par le point de vue sensoriel de la jeune femme. Le film est très littéraire par l'utilisation permanente de la voix off qui nous plonge dans sa conscience et nous exprime tous ses états d'âme relatifs à l'amour et à la nature dans une logorrhée qui ressemble à un journal intime poétique. Parallèlement la bande sonore est saturée de musiques hétéroclites qui s'enchainent dans une cacophonie épuisante à supporter. De plus l'utilisation de la caméra est très spéciale: elle balaie sans arrêt tout ce qu'elle voit , l'effleure, glisse dessus, tournoie pour rendre compte du regard de la jeune femme sur le monde qui l'entoure. La caméra ne se pose jamais et cela finit par donner le vertige. Le film n'est pas découpé en séquences mais la caméra mobile capte tout ce qui passe devant l'objectif en flottant continuellement pendant deux heures. D'abord intéressant le procédé devient vite lassant et même épuisant. De plus il aboutit au résultat inverse de ce qu'il recherche: il reste continuellement à la surface des choses, ce qui est particulièrement évident dans les scènes d'amour très soft et stéréotypées qui ressemblent à des clips pour des parfums ou des vêtements de mode. Le deuxième personnage féminin , joué par Natalie Portman n'a aucune consistance et la participation de vedettes comme Iggy Pop, Patti Smith ou Cate Blanchett n'apporte rien. L'objectif était sans doute de montrer, encore une fois (quel intérêt?) l'artifice de ce milieu superficiel du show business mais je n'ai pas été convaincue. NOTE: 4/10