Le directeur d'une petite maison d'édition trompe sa femme avec une jeune collaboratrice dont il est tombé très amoureux . Celle-ci le quitte parce qu'il est trop lâche pour choisir. Il engage une autre collaboratrice qui ressemble à la précédente, à laquelle il commence à faire des avances. Sa femme découvre une lettre d'amour lui prouvant l'infidélité de son mari, que celui-ci nie lâchement . L'épouse s'en prend alors violemment à la nouvelle collaboratrice qu'elle accuse d'être la maîtresse de son mari. Sur un scénario très habile dont l'ironie est traitée à la fois avec gravité et humour noir, le réalisateur coréen tourne un très beau film intimiste en noir et blanc, qui met en valeur la répétition inéluctable des schémas en filmant des situations similaires dans des séquences quasi identiques, à tel point que le spectateur confond très vite les deux collaboratrices interchangeables du triangle amoureux , la première jouée en finesse avec beaucoup de charme par la gracieuse Kim Min-hee. Le sujet central de ce film est la lâcheté masculine. Le thème n'est pas nouveau et aurait pu donner lieu à un marivaudage ou à une peinture pitoyable du menteur inconstant, mais le réalisateur traite ce trait de caractère, la lâcheté, comme un tourment profond. Toutes les femmes accusent l'homme du film d'être un lâche, le verdict est sans appel. Mais ce qui est impressionnant c'est la souffrance intérieure du personnage de se sentir si faible et de se savoir si lâche , de se mépriser, sans pouvoir être autrement, comme s'il s'agissait d'une malédiction torturante. La scène la plus impressionnante du film est quand il sanglote lui-même en hurlant et en se débattant sur sa propre lâcheté, cet homme assez vil en devient très émouvant . J'aime bien le procédé répétitif chez Hong Sang-soo qui consiste à filmer des scènes identiques en changeant simplement un angle de prise de vue ou un acteur, et à faire se déplacer les personnages dans un périmètre très étroit où ils font toujours les mêmes petits parcours. Ce procédé colle au thème abordé ici des mailles du filet de relations amoureuses inextricables dans lesquelles notre anti-héros s'emprisonne inlassablement malgré lui. NOTE: 8/10