J'ai vu le film dans la version longue (2h15) que le cinéaste reconnait comme sienne , de préférence à la version commerciale plus courte. Cette version est interminable! Le film développe deux histoires en parallèle : l'une concerne un réalisateur de films qui a aimé dans sa jeunesse une femme qui l'a quitté brutalement et qui réapparait au bout de vingt ans alors qu'il vient de rencontrer une autre femme qui l'aime sincèrement ; l'autre histoire est celle d'un espion et je n'y ai rien compris. Le film m'a vivement déçue car il part très vite dans tous les sens , en roue libre, larguant complètement le spectateur par des digressions incohérentes qui nous entraînent sans raison aussi bien au Tadjikistan qu'à Prague et à Tel Aviv (épouvantable scène sur le terrorisme dans l'avion). Le point de départ était très émouvant avec le surgissement de cette femme disparue aimée dans sa jeunesse, mais il est vite abandonné au profit d'une histoire d'espionnage internationale incompréhensible autour de Louis Garrel et une réflexion narcissique qui s'affiche ostensiblement comme terriblement tourmentée sur les affres de la création d'un cinéaste insomniaque ( la fameuse mise en abyme éculée du cinéma d'auteur qui veut réfléchir le cinéma ) . Il y a quelques séquences très émouvantes avec la délicate Charlotte Gainsbourg (cette actrice si sensible devient vraiment magique) , beaucoup plus attachante que le personnage de Marion Cotillard. Amalric est très bien quand on ne lui demande pas de jouer des scènes d'hystérie (hélas il y en a plusieurs) . Les personnages secondaires, comme la femme jouée par l'actrice italienne Alba Rohrwacher, n'ont aucune caractéristique ni raison d'être. Le film est très confus , vraiment très mal construit et finalement très artificiel, je le trouve complètement raté et surtout très inférieur aux Trois souvenirs de ma jeunesse. NOTE: 2/10