Un professeur de philosophie d'une cinquantaine d'années se laisse séduire par une étudiante de 23 ans , Ariane, qui emménage chez lui. Mais sa fille , Jeanne, qui a le même âge que l'étudiante, revient vivre avec lui à la suite d'une rupture très douloureuse avec son petit ami . Le film analyse aussi bien les relations de couple entre le professeur et son élève que l'amitié complice qui se tisse entre les deux jeunes femmes. Garrel fait toujours un cinéma de l'intime, presque autobiographique, et l'on peut voir dans le couple du film le reflet probable de la relation amoureuse du réalisateur avec sa scénariste Caroline Deruas , à peine plus âgée que ses grands enfants , Louis et Esther Garrel . Ce côté personnel du journal intime donne une authenticité très émouvante à ses films . Il y a quelque chose de touchant dans le portrait du professeur vieillissant que sa jeune compagne très libre sexuellement trompe avec plusieurs étudiants et qui, par souci de tolérance et d'ouverture d'esprit, ne veut pas s'avouer jaloux et blessé . Il y a aussi une belle opposition entre la liberté sexuelle de l'une et le romantisme absolu de l'autre, qui ne peut aimer qu'un seul homme et qui est prête à mourir d'amour . Et malgré ces différences sentimentales, une douce amitié bienveillante les unit affectueusement. Le noir et blanc est toujours superbe dans les films de Garrel . Pourtant celui-ci m'a semblé mineur et m'a malgré tout déçue. J'ai trouvé que le scénario était trop plat, bien qu'il ait étrangement mobilisé quatre scénaristes! Le personnage masculin ne m'a pas paru très subtil, peut-être à cause de la lourdeur embarrassée d'Eric Caravaca (je n'aime pas cet acteur qui détonne dans l'univers de Garrel) . J'ai été très sensible à la souffrance du personnage romantique de la fille que joue Esther Garrel de façon déchirante mais beaucoup moins à celui, caricatural, de l'étudiante qui fait des photos érotiques et dont on prévoit d'avance qu'elle aura des relations sexuelles dans les toilettes de tout lieu public avec tout homme qu'elle croise (ces scènes sont répétitives et pour une fois -c'est rarissime chez Garrel- filmées de façon sordide) . Peut-être à cause de la voix off littéraire et un peu prétentieuse, j'ai trouvé ce film assez artificiel et j'ai pensé que la souffrance affective des personnages était bien narcissique, alors qu'elle était si bouleversante dans L'Ombre des femmes. NOTE: 5/10