Le cinéaste anglais William Oldroyd transpose dans l'Angleterre du XIXème siècle le roman russe de Nicolai Leskov Lady Macbeth de Mtsensk . Je n'ai pas lu le livre mais l'histoire romanesque à rebondissements multiples que l'on suit à l'écran ressemble à la fois à Madame Bovary , à L'Amant de Lady Chatterley , à Mademoiselle Julie et à Thérèse Raquin , ce qui fait beaucoup de références accumulées pour une intrigue effectivement sans originalité. Il est question d'une jeune fille achetée et mariée de force à un homme infâme et pervers qui la délaisse et la séquestre dans son manoir. En l'absence de son époux, elle se prend d'une violente passion sensuelle pour un palefrenier . Elle implique son amant secret dans une succession de crimes horribles pour vivre jusqu'au bout l' amour qui la possède . Le film ne m'a pas paru d'un très grand intérêt tant les épisodes qui s'enchaînent sont à la fois prévisibles et invraisemblables. Le cinéaste opte pour le style d'une reconstitution d'époque très austère , avec des décors dépouillés et des plans au cadre rigide, à l'image de l'enfermement subi par la jeune femme . Je comprends l'intention mais ce choix met davantage l'accent sur le machiavélisme calculé et la détermination du personnage que sur la passion folle, absente de cette froide illustration . J'aurais trouvée plus cohérente une adaptation romantique échevelée dans le style de Zulawski. Je m'interroge sur l'opportunité de déterrer aujourd'hui ce roman d'un autre temps et de le transposer à l'écran en le coupant totalement de ses racines russes, même si le film se regarde sans ennui, surtout grâce à l'intensité de la jeune actrice Florence Pugh. . NOTE: 4/10