Tourné essentiellement à Mahdia, dans un grand hôtel presque vide que les touristes ont déserté suite aux évènements politiques , Hedi un vent de liberté est le portrait fin d'un jeune homme qui se cherche et s'interroge sur ses choix , conscient à 25 ans d'être à un tournant de sa vie. Il a grandi à Kairouan, écrasé par une mère dominatrice qui l'a rendu timide et silencieux, dans une famille très conservatrice qui a conclu son mariage avec une jeune fille qu'il connait à peine . Représentant de commerce pour Peugeot à Mahdia où la crise économique l'oblige à faire du démarchage assez rabaissant , il rencontre une belle femme émancipée et sensuelle qui travaille comme animatrice dans un hôtel club de vacances. C'est le coup de foudre et soudain l'envie de briser les chaines familiales et de se libérer de l'emprise de sa mère. Son mariage programmé lui apparaît comme un piège et une prison alors qu'il découvre enfin la joie de vivre avec une femme moderne . Le film est sensible, fin et très intéressant montrant assez subtilement la difficulté pour le jeune homme de trouver sa place entre traditions et liberté, enracinement dans son pays et évasion/fuite à l'étranger (la femme qu'il aime voyage beaucoup et va partir travailler à Montpellier, le frère d'Hedi s'est installé en France où il s'est marié, coupant avec son pays d'origine , faute d'avenir ) , entre la sage fiancée promise (qui ne se voit pas d'autre vie que celle d'épouse et mère) et sa passion épanouissante pour une femme plus affranchie. L'oeuvre montre bien le désarroi de ce jeune homme attachant, tenté par ce vent de liberté enivrant, mais craintif aussi d'abandonner son pays et les siens. Même si le réalisateur s'attache à brosser un portrait individuel, ce dilemme est sûrement celui de toute une jeunesse et sans doute la personnification des déchirements de tout un pays, mais la peinture sociale n'est apparente que par touches légères assez réussies. La fin est émouvante, brisée par l'amertume et la résignation. Le bonheur ne semble possible ni pour ceux qui partent ni pour ceux qui restent. NOTE: 6/10