Moi, Daniel Blake de Ken Loach m'a bouleversée , le film est admirable pour beaucoup de raisons. Déjà , moi qui n'aime pas les documentaires, je trouve extraordinaire l' intensité de vérité sociale qu'insuffle la mise en scène à une fiction qui rend compte du désespoir d'un homme qui, à la soixantaine, n'arrive plus à retrouver un emploi et se retrouve complètement nié par les méandres kafkaïens du parcours du combattant des chômeurs largués dans la société moderne. La direction des deux acteurs Dave Johns et Hayley Squires, si justes sur le plan humain par leur expression et leur démarche , est impressionnante . J'ai lu que ce film était nourri de bons sentiments mais il m'a semblé au contraire très sombre, d'une âpreté désespérante. Il montre, à travers deux personnages très représentatifs, la solitude terrible de tous ceux qui sont aujourd'hui exclus du marché de l'emploi et l'impossibilité d'échapper à une paupérisation accélérée malgré leurs efforts combatifs , dans des séquences de vie expressives que j'ai trouvées toutes très révélatrices du monde dans lequel de plus en plus de gens sont anéantis . Le film m'a paru beaucoup plus fort , plus sobre et plus passionnant , sans digression ni effet mélodramatique, que La Loi du marché de Stéphane Brizé . NOTE: 7/10