Le film oscille entre le documentaire social avec une succession de consultations de gens modestes qui sont les patients du personnage principal de jeune médecin joué par Adèle Haenel et une vague enquête policière. Les consultations ont toujours un intérêt humain mais comme dans tous les films réalistes dont les protagonistes sont des médecins, récemment Médecin de campagne de Thomas Lilti par exemple; on pourrait les multiplier à l'infini et y faire défiler toute la population souffrante d'une ville industrielle en crise économique. Ce qui est agaçant dans ce genre de scènes c'est le rôle de bienfaiteur de l'humanité qu'y joue toujours le médecin, et la jeune femme du film incarne bien cette guérisseuse des corps et des âmes blessés qui n'existe pas en dehors de sa vocation , qu'elle complète d'ailleurs par une autre vocation, celle - invraisemblable- d'enquêtrice de police . Le film essaie en effet de susciter l'intérêt par le meurtre d'une prostituée noire mineure dont on se doute bien qu'il va s'accompagner de révélations sordides . La jeune femme médecin ne lui a pas porté secours car elle a sonné à sa porte en dehors des heures d'ouverture du cabinet . Les Dardenne essaient donc de développer le thème de la culpabilité mais ce n'est pas La Chute de Camus et, une fois posée , cette idée de culpabilité n'évolue guère si ce n'est en se généralisant (la pauvre fille se sent non seulement coupable vis-à-vis de la victime mais aussi d'un jeune stagiaire qu'elle a rudoyé). Le dénouement mélodramatique avec l'aveu pathétique du coupable qui se révèle lui aussi victime m'a exaspérée. Le film est focalisé avec ténacité sur Adèle Haenel , toujours renfrognée au jeu monocorde . J'ai trouvé le sujet et la réalisation sans intérêt ni originalité. NOTE: 2/10