J'ai trouvé la conception et la réalisation du film ratées et lourdingues dans l'ensemble mais avec quelques (rares) très beaux moments. La projection m'a fait découvrir cette danseuse et chorégraphe d'origine américaine de la fin du XIXème siècle, Loïe Fuller, qui s'est révélée à Paris, aux Folies Bergères puis à l'Opéra , par des danses originales dans lesquelles elle utilisait comme des battements d'ailes de grands voiles tournoyants sous les couleurs des projecteurs pour incarner des femmes fleurs ou papillons qui prennent leur envol. Les séquences de danses du film sont magnifiques . Loïe Fuller est aussi subjuguée par le talent de la jeune danseuse Isadora Duncan qui débutait alors de façon fulgurante et ne tarderait pas à lui voler la vedette. C'est Lily-Rose Depp qui incarne Isadora avec une grâce radieuse qui illumine l'écran et il est évident que cette toute jeune actrice si photogénique va s'imposer très vite comme une star du cinéma . Malgré cela, la réalisation est plate et laborieuse, sans inspiration artistique, l'histoire a peu d'intérêt, l'univers artistique de l'époque est gommé et les personnages qui gravitent autour de Loïe Fuller n'ont aucune épaisseur , en particulier ceux de Mélanie Thierry (qui fait de la figuration ) et surtout de Gaspard Ulliel exaspérant en dandy décadent drogué . Cela vient du fait que la réalisatrice est incapable de développer les relations entre Loïe Fuller, sur laquelle elle centre totalement son film, et son entourage . Elle patauge particulièrement quand elle cherche à ébaucher quelques approches sensuelles masculines ou féminines (suggérant la bisexualité de Loïe) qui aboutissent à des scènes stéréotypées consternantes, d'ailleurs vite tronquées. NOTE: 3/10