Le film m'a à la fois déroutée et intéressée. Il s'agit d'un scénariste qui fait une randonnée dans le Larzac sans trop savoir ce qu'il cherche, sans doute l'inspiration pour écrire, peut-être une aventure avec un garçon ou une rencontre avec les loups mais finalement c'est une histoire d'amour très sensuelle avec Marie la bergère. Mais, très libre, il disparaît parfois, se retrouve dans une grande ville moderne impersonnelle, puis revient dans le monde rural. Marie accouche d'un petit garçon qu'elle lui laisse, elle s'en va vers un autre avenir. L'homme prend en charge le bébé avec lequel il vit en osmose...La fusion entre naturalisme et symbolisme n'est pas totalement réussie, le résultat est hybride car tantôt on est dans le réalisme cru à la Zola par la peinture du monde paysan, tantôt dans l'allégorie . Certaines séquences , comme les soins effectués dans une cabane par une naturopathe, semblent être des digressions. Le film se lit sur plusieurs niveaux, y compris celui de la création artistique puisque le personnage central est un scénariste en panne d'inspiration, ce qui annonce par une mise en abyme l'histoire déconstruite, sans vrai fil directeur, qui tisse les méandres de la narration avec ses continuels allers et retours de la ville moderne à la campagne primitive. Le titre est très fort, cette idée qu'il faut essayer de rester vertical contre les assauts du monde et l'agression des autres, et la métaphore du mal ou de la peur à dompter , contenue dans le face à face avec le loup, est très intense. C'est un film insaisissable par l'incertitude qui marque les personnages, qui échappent totalement aux normes de la famille, de la morale et de la sexualité pour suivre les pulsions de leurs désirs. Ce qui est déstabilisant c'est que ces personnages sont à la fois pathétiquement seuls mais aussi farouchement libres, à la fois sans attache aucune mais capables d'une profonde compassion. Par moments le film semble très détaché, à d'autres il est poignant quand le personnage principal est en osmose avec son bébé ou ensuite avec un agneau dans les bras. Bref l'ensemble m'a paru déconcertant, pas totalement cohérent mais original et à creuser, avec des scènes très fortes sur la pauvreté sociale et la misère affective. On pense par moments à des films de Bruno Dumont à cause de la trogne de certains acteurs (amateurs?) , de la rudesse des paysages pourtant magnifiques, de la brutalité des comportements et de l'interrogation sur le mal . NOTE: 6/10