Le film est parfois maladroit et agaçant (je déteste le personnage secondaire du clochard qui semble avoir un rôle essentiel que je comprends mal, la soeur de Paul et son mari n'ont pas grand intérêt, seul le trio amoureux nous touche) mais certaines séquences sont vraiment magnifiques, bouleversantes. J'ai trouvé très émouvant le dialogue littéraire en alexandrins qui rappelle la fatalité de la tragédie racinienne dans une intrigue théâtrale qui évoque plutôt les drames romantiques de Musset, On ne badine pas avec l'amour pièce à laquelle le prénom de Camille fait référence ainsi que le collier. Les scènes théâtrales amoureuses filmées en plein air sont très belles , comme celle de l'ouverture avec les premières blessures qui reviendront de façon récurrentes, blessures du corps et du coeur. Les scènes chorégraphiques aussi sont assez envoûtantes tout comme cette forêt onirique aux bouleaux de quinconce . Il y a aussi de poétiques déambulations dans Paris. Le jeu avec les différents formats de l'image qui se rétrécit dans les séquences d'intimité sentimentale ou s'élargit quand Paul se libère est une idée fine. J'ai beaucoup aimé l'actrice qui joue Ondine mais aussi l'apparition de Camille vêtue de rouge dans le métro. Ce qui m'a plu aussi c'est la façon dont Grégoire Leprince Ringuet enveloppe le quotidien de magie et de rêverie, et la diction artificielle fait partie de cette façon d'introduire le romanesque dans la vie, comme dans les films d'Eugène Green auxquels j'ai pensé. NOTE: 7/10