Le sujet principal du film est le Mékong , au bord duquel de jeunes Vietnamiens vivent de façon précaire, ou sur lequel ils se déplacent dans des embarcations rudimentaires. La poésie et la beauté que l'oeuvre capte viennent du fleuve omniprésent et fascinant, de ses lumières changeantes, de jour comme de nuit, des sensations qui s'en dégagent et de la splendeur luxuriante de la nature environnante. Le cinéaste filme les rives marginales de la grande ville chaotique où affleurent la pauvreté et la violence. Les histoires entremêlées, seulement esquissées, sont banales et assez stéréotypées dans les relations en trio, mais elles présentent une image mouvante d'une jeunesse vulnérable qui cherche sa voie. Un jeune homme, peut-être le miroir du réalisateur, aime la photographie et se découvre timidement attiré par un autre garçon , impliqué dans des trafics de drogue, une jeune fille se produit dans le spectacle sexy d'un club... Ils cherchent tous à gagner un peu d'argent pour s'en sortir. Autour d'eux, des enfants essaient de survivre dans la rue par de petites activités (très belle séquence nocturne à la terrasse d'un petit restaurant populaire) , au milieu des règlements de comptes entre bandes rivales. Il est question aussi de la natalité, du recours monnayé des jeunes hommes à la stérilisation encouragée par le gouvernement, des grossesses non désirées des filles...C'est un film mélancolique plutôt sombre, sans véritable trame narrative, sur la dérive du fleuve et de la jeunesse, parsemé aussi de parenthèses plus insouciantes et de belles scènes sensuelles. Ce sont des images qui saisissent dans l'instant la vie présente, frémissante mais fugitive, dont le devenir reste incertain...NOTE: 5/10