Je sors déroutée et un peu déçue de L’Ange blessé du cinéaste kazakh Emir Baigazin dont j’avais tant aimé Les Leçons d’harmonie. Ce jeune réalisateur a un style artistique très original mais j’ai eu du mal à adhérer à ce film. Dans l’aridité d’un Kazakhstan de décombres, dévasté par la pauvreté , il présente quatre courtes histoires centrées sur des adolescents solitaires livrés à eux-mêmes qui tentent de survivre . Le premier accepte mal le retour de son père parasite sorti de prison, le second qui se réfugiait dans le chant plonge dans la violence quand sa voix mue, le troisième cherche des morceaux de cuivre pour gagner sa vie et le quatrième croit qu’un arbre pousse dans son corps quand sa petite amie lui révèle qu’elle est enceinte . C’est avec le sens de la sobriété pure des images dépouillées, réduites à l’essentiel, qui font son style exigeant, que le cinéaste scrute lentement et silencieusement, face à la caméra, les visages de ces adolescents fermés et meurtris : des anges blessés, devenus presque fous à force de souffrir, cadrés près de fenêtres défoncées qui n’ouvrent que sur le vide et le néant . Pourtant chaque histoire est placée sous le signe de notions morales et religieuses comme celles du destin, de la chute ou du péché qui confèrent un prolongement mystique (assez confus) à ces récits simples de la détresse quotidienne . J’ai trouvé les histoires inégales , peu intéressantes, sauf celle du garçon qui chante, un chef d'oeuvre dont l’intensité dramatique est implacable. NOTE: 4/10