Nahid m'a plu sans m'enthousiasmer, sans doute parce que le cinéma iranien a présenté des oeuvres plus fortes sur un sujet analogue.L'originalité de ce film vient pour moi avant tout du lieu où il se situe et de l'atmosphère mélancolique qui s'en dégage, Anzali, une petite ville léthargique au bord de la mer Caspienne à la morte saison, où les vagues grises déferlent inlassablement sur le sable désert . Ce pourrait être aussi un film de Nuri Bilge Ceylan qui présente la Turquie sous les mornes ciels d'hiver. L'histoire dramatique nous est hélas plus familière, et aussi triste que le paysage. Une jeune femme iranienne divorcée lutte pour sa liberté, seule entre son ex-mari toxicomane possessif, son jeune fils difficile et un nouvel homme avec lequel elle hésite à s'engager par peur de perdre la garde de son enfant. Elle se heurte aux jugements sévères de son entourage intolérant , y compris dans son immeuble et à des problèmes d'argent. Tout est précaire dans sa vie, y compris ce nouveau mariage aux modalités étranges puisqu'il doit être renouvelé chaque mois, comme un crédit. Ce portrait de femme est intéressant parce qu'il n'est pas idéalisé, les circonstances critiques la poussant parfois au mensonge et à la dissimulation; l'utilisation des écrans de surveillance montre d'ailleurs la nécessité de cacher sa vie privée. J'ai trouvé cependant que la nouvelle histoire sentimentale que cette femme souhaite vivre était dénuée de toute passion, si bien qu'on comprend mal son dilemme. Le film m'a semblé d'ailleurs globalement froid. __NOTE: 4/10__