The Lobster est une dystopie glaçante sous la forme d'une fiction d'anticipation qui imagine que, dans un hôtel sinistre au régime totalitaire, les célibataires ont 45 jours pour former un couple , sinon ils seront transformés en animal . Les dirigeants mettent en scène des saynètes de propagande sur le couple visant à en démontrer tous les avantages pratiques sur le plan social. Les sentiments sont inexistants et la sexualité est interdite mais celui qui ne vit pas en couple devient donc une bête. Les Solitaires, chassés au sens propre dans les bois sauvages, sont des parias. Notre pitoyable anti-héros (Colin Farrell en chien battu grassouillet ) ne réussit pas à trouver l'âme soeur et s'imagine trouver la liberté en se réfugiant chez les Solitaires. Mais l'Amazone Lea Seydoux y fait régner une organisation encore plus tyrannique qui proscrit l'amour . Par un effet cynique du scénario, c'est chez les Solitaires où il est interdit d'aimer que le protagoniste tombe amoureux... Le film est donc en deux parties distinctes , d'une heure chacune . Le sujet , qui est un apologue effrayant, et son traitement stylistique sont assez étranges, originaux, avec des ralentis surprenants et des scènes incongrues. Il s'en dégage des réflexions particulièrement pessimistes sur le couple et la solitude ainsi que sur les diktats sociaux . J'ai trouvé le film trop long et parfois plombant , en particulier dans la partie consacrée aux Solitaires qui piétine , s'enlise avec les visites chez les parents de l'Amazone et ennuie. Je lui reproche aussi d'être uniquement construit sur des concepts et de manquer d'émotion. Bref un avis mitigé. NOTE:5/10