Crimson Peak est un film de genre flamboyant qui emprunte ses éléments de référence aux contes merveilleux , aux romans sentimentaux anglais et aux films d’épouvante, en ne cessant de se métamorphoser à l’image de ces papillons qui en sont le motif central. Il commence en effet comme un conte de fée où la jolie jeune fille candide , Edith Cushing, romancière américaine débutante, a perdu sa mère bien-aimée et vit avec un vieux père bienveillant. Pas de marâtre mais, première incursion dans le fantastique, le fantôme torturé de la défunte lui lance un avertissement énigmatique "Prends garde à Crimson Peak" dont les retentissements ponctueront l’intrigue . Le film continue dans le conte de fées inversé avec un bal somptueux où notre riche héritière naïve valse avec un prince charmant ruiné et c’est le coup de foudre faussement romantique . S’ensuit un départ pour l’étrange manoir gothique anglais de Crimson Peak construit sur des terres argileuses sanglantes … Le film abandonne alors les teintes pastel de la maison de poupée pour le registre macabre de l’antre noir des criminels damnés (avec l’envoûtante Jessica Chastain dans un rôle machiavélique) à la chambre interdite entre Barbe Bleue et Shining. Le décor labyrinthique hanté qui a été imaginé pour Crimson Peak est d’une originalité fascinante et les images baroques du film sont splendidement effrayantes . Le cinéaste nous tient en haleine en nous faisant découvrir peu à peu cet univers ténébreux et ses locataires monstrueux , en même temps que la fragile héroïne, ce qui maintient un suspense constant. J’ai nettement moins aimé le crescendo sanguinolent de la dernière partie, qui clôt le film avec les stéréotypes pénibles du film d’horreur le plus éculé. NOTE: 7/10