Des éléments m'ont plu mais l'ensemble ne m'a pas convaincue. Le film m'a paru inégal. J'ai eu beaucoup d'émotion en revoyant Marthe Keller, à qui les années ont donné un beau visage humain, authentique et serein . Elle se fond avec le décor naturel, magnifiquement photographié, d'Ibiza dont le cinéaste choisit un endroit sauvage, très éloigné de la mode touristique. Le film commence bien, de façon romanesque, avec la rencontre entre cette Allemande qui a fui le passé historique horrible d'un pays qu'elle renie , trouvant l'harmonie dans la solitude paisible de l'île et un jeune homme qui veut s'y établir comme DJ. Une tendre amitié se tisse délicatement entre le garçon moderne et l'ancienne violoncelliste classique, cette partie du film sur leur complicité est assez belle, c'est dommage qu'elle reste limitée . Mais la suite du film, qui revient sur les crimes nazis avec un conflit pénible entre l'héroïne et la famille du jeune Allemand, est exaspérante car prévisible , lourdement explicative et mille fois abordée au cinéma avec les mêmes arguments éculés. Les rapports entre les personnages en sont détériorés et la fin mièvre est ratée. Je trouve qu'on voit trop de films en ce moment sur le thème de la perte de la mémoire, que l' amnésie soit accidentelle ou volontaire, et les interprétations qui s'y greffent symboliquement sont redondantes. Sur un thème proche , j'avais préféré La Duchesse de Varsovie , cette belle histoire qui défile devant des toiles peintes, où les relations entre la dame âgée et son petit-fils étaient plus subtiles. NOTE: 4/10