J’avoue avoir bien du mal à entrer dans les films de Naomi Kawase , que ce soit La forêt de Mogari, Hanezu l’esprit des montagnes ou Still the water. Certes la nature y est splendide. Tourné sur l’île sauvage d’Amami à la végétation tropicale luxuriante , le film offre des paysages d’une beauté stupéfiante, surtout à l’approche du typhon avec ces immenses vagues qui déferlent vers le rivage . La cinéaste aime contempler les arbres exotiques, l'enchevêtrement des racines des banians et autres arbres gigantesques . L’intérêt du film est de partir explorer cette île singulière du Japon , mais certaines séquences contemplatives baignées d’une musique planante ont un côté nature et découvertes et l’on peut aussi être exaspéré par le regard extatique des personnages vers la cime des arbres ou encore les tremblements de la caméra vibrant avec l’âme cosmique. L’histoire est très simple : une adolescente assiste à la mort inéluctable de sa mère malade. La mère , chamane, est très sereine mais la jeune fille s’interroge sur la vie après la mort tout en découvrant son amour naissant pour un adolescent de l’île en conflit avec sa mère (les scènes sur le divorce des parents du garçon et les aventures de la mère n’ont aucune originalité) . Le film est assez autobiographique car Naomi Kawase a perdu sa propre mère, et l’on sent trop qu’elle a tourné ce film pour essayer de dépasser personnellement la douleur du deuil . Elle cherche à transmettre à travers le personnage de l’adolescente un message d’espoir - stéréotypé et simpliste - qui est que la renaissance suit la mort comme l’accalmie la tempête (d’où ces belles images de fonds marins avec poissons tropicaux trop dignes d’un aquarium, qui succèdent au typhon) .Le film suit la vie quotidienne ancestrale et terriblement lente des rares habitants de l’île d’Amami avec leurs chants et leurs danses traditionnelles qui donnent au film un côté ethnographique qui m’a bien ennuyée, et leurs considérations philosophiques ou ésotériques bien fastidieuses. Bref j’ai trouvé le film interminable, soporifique et finalement lourd de clichés. NOTE: 1/10