Le beau monde est un film agréable à voir mais sans originalité et sans véritable intensité. La réalisatrice veut montrer la difficulté d’une relation amoureuse pourtant sincère entre deux jeunes de milieux sociaux trop différents. Le jeune homme d’une famille bourgeoise très aisée possédant une grande propriété près de Bayeux , famille dont il rejette le conformisme, poursuit de brillantes études à Paris tout en étant passionné par la photographie ; la jeune fille, à qui cette famille vient en aide pour sa formation professionnelle, est issue d’un milieu modeste et peu cultivé mais passionnée par le travail artistique de la laine dans lequel elle voudrait se réaliser, malgré sa personnalité effacée et son manque de confiance en elle . Le film suit l’évolution des passions artistiques des deux jeunes gens mais surtout leur passion amoureuse, d’abord heureuse , puis les malentendus qui naissent à cause des clivages sociaux , l’impression -à tort et à raison- de la jeune fille trop sensible d’être méprisée puis délaissée … Le film reprend donc , par petites touches, des aspects déjà exposés avec beaucoup plus de violence dans La Vie d’Adèle (comme la scène de la galerie qui semble plagiée mais ici sans relief ) et dans Pas son genre . En voulant traiter ces mêmes thèmes avec délicatesse, il finit par s’affadir et s’étioler, et la fin de l’histoire est trop prévisible. Des personnages secondaires comme celui du créateur de parfum joué par Sergi Lopez n’ont aucun intérêt (la réalisatrice a voulu faire un parallèle entre la création délicate d’une broderie florale et celle d’un parfum mais c’est peu convaincant) . Ana Girardot est gracieuse et émouvante mais on peut lui préférer la spontanéité explosive d’Adèle Exarchopoulos ou le charme radieux d’Emilie Dequenne. NOTE: 4/10