La Voie de l'ennemi porte un titre totalement inapproprié car ce n'est pas un film d'action. Dans d'immenses paysages désertiques du Nouveau Mexique ( l'aspect le plus réussi et le plus original du film) Bouchareb propose , sur un tempo très contemplatif, une réflexion sur la réinsertion d'un ancien criminel . Il construit son film sur l'opposition entre les espaces infinis et l'impossible liberté de celui qui n'est pourtant plus incarcéré. A l'emprisonnement matériel succède donc de façon inéluctable le piège du passé . Comme le soleil domine implacablement le décor aride, le personnage n'échappe pas à la fatalité qui le conduit à un destin tragique, annoncé dès sa libération. Forest Whitaker donne beaucoup d'humanité à son rôle . La réflexion est pessimiste , y compris sur l'inutilité de la foi. Le film ne me semble pas complètement réussi car le rythme est trop lent et certains rebondissements sont aussi prévisibles que stéréotypés. note 5/10