Mes Films

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janvier 2017

samedi 28 janvier 2017

LA LA LAND de Damien Chazelle avec Ryan Gosling et Emma Stone (USA)

J'ai trouvé La la land , hommage aux comédies musicales américaines, inégal. Je ne fais partie ni de ceux qui le portent aux nues ni de ceux qui l'exècrent. Une jeune fille est venue à Hollywood dans l'espoir de devenir actrice mais elle n'a pu trouver qu'un emploi de serveuse, tous les castings qu'elle passe se soldant par des échecs. Un jeune pianiste de jazz rêve de monter son propre club , mais il en est réduit à gagner sa vie en jouant de la musique d'ambiance dans un restaurant où personne ne l'écoute . Les deux jeunes gens se rencontrent et se retrouvent de façon hasardeuse , ils tombent amoureux l'un de l'autre et essaient de réaliser leurs rêves artistiques. Leur belle passion va s'étioler au quotidien, s'érodant aussi bien au contact des difficultés à percer que du succès finalement obtenu qui les éloigne l'un de l'autre. Le scénario est très mince , reposant sur une romance éculée , que le réalisateur est obligé de tirer en longueur pour meubler plus de deux heures, d'où un certain ennui parfois et un manque de rythme gênant dans le genre de la comédie musicale qui devrait être brillant et enlevé. Je ne sais pas si c'est Ryan Gosling qui chante ou s'il est doublé mais je penche pour la première hypothèse vu le filet de voix du personnage , qui pourtant ne manque pas de charme face à une Emma Stone aux grands yeux dont les adorables minauderies sont un peu répétitives. Malgré une histoire d'amour désenchantée mille fois vue à l'écran , le film est tout de même assez enchanteur et plaisant , coloré et sentimental, avec des scènes très inventives sur le plan esthétique, d'une beauté purement magique , et surtout la séquence finale d'une splendide virtuosité dégage une intense émotion. NOTE:5/10

dimanche 22 janvier 2017

HARMONIUM de Kôji Fukada avec Tadanobu Asano (JAPON)

Je sors du film japonais Harmonium assez déçue peut-être parce que je m'attendais à voir une oeuvre sublime autour de Tadanobu Asano . Celui-ci est toujours charismatique mais il n'a pas un rôle à sa mesure et son personnage disparait trop vite de l'écran . Le film présente une petite famille japonaise tranquille , le père qui ne dit mot est artisan à son compte , sa femme est délaissée et la petite fille joue de l'harmonium car elle prépare une audition . Or un mystérieux personnage (Tadanobu Asano) lié au passé du père réapparait soudain et s'incruste dans la famille , exigeant d'y être hébergé sans que le père n'ose s'y opposer. Le spectateur sait beaucoup trop vite que l'inconnu sort de prison et que le père , lié au crime commis sans s'être dénoncé, a une dette envers son énigmatique ami . Ce dernier va se venger avec une grande cruauté sur la famille puis disparaitre à la moitié du film. Le scénario est prévisible et trop explicite après avoir posé une situation mystérieuse , il manque du machiavélisme qu'impliquait le sujet ; le film est mal construit et assez incohérent car , après un début fascinant, il s'étiole rapidement et introduit en deuxième partie des scènes plutôt pénibles et redondantes autour d'une fillette très lourdement handicapée. NOTE:3/10

LA COMMUNAUTE de Thomas Vintenberg (DANEMARK)

Admiratrice du cinéaste danois Thomas Vintenberg (Festen, La Chasse) , je suis déçue par La Communauté , film qui ne m'a pas semblé très réussi malgré des idées intéressantes, mal exploitées. Un couple aisé (il est architecte, elle présente le journal télévisé) proche de la cinquantaine hérite d'une immense maison en bord de mer qu'il n'a pas les moyens d'entretenir mais où il aimerait vivre. La femme a l'idée de proposer à plusieurs amis d'en devenir colocataires et d'y vivre en communauté. Le thème de l'utopie communautaire n'est guère plus traité que ses désillusions, rien n'est drôle, rien n'est caustique, le style de Vintenberg s'est alangui, affadi et aseptisé , il est en panne aussi bien d'inspiration que de regard critique. Mais voilà que l'architecte , qui est aussi professeur universitaire, se laisse séduire par une blonde étudiante de 24 ans qu'il installe chez lui avec l'accord plus ou moins extorqué de son épouse brisée qui se la joue idées larges avant de craquer face à l'infidélité de monsieur avec la starlette, qui la renvoie à son propre vieillissement de femme mûre ne se sentant plus désirée. Le portrait un peu bergmanien de l'épouse est assez réussi mais l'histoire d'adultère du macho caractériel (le type est pitoyable) est très stéréotypée. En parallèle leur timide adolescente de fille connait ses premiers émois sentimentaux, l'originalité ne brille pas là non plus . Tout finit dans les larmes, j'espère que Vintenberg va redevenir plus virulent! NOTE: 4/10

dimanche 8 janvier 2017

HEDI UN VENT DE LIBERTE de Mohamed Ben Attia avec Majd Mastoura (TUNISIE)

Tourné essentiellement à Mahdia, dans un grand hôtel presque vide que les touristes ont déserté suite aux évènements politiques , Hedi un vent de liberté est le portrait fin d'un jeune homme qui se cherche et s'interroge sur ses choix , conscient à 25 ans d'être à un tournant de sa vie. Il a grandi à Kairouan, écrasé par une mère dominatrice qui l'a rendu timide et silencieux, dans une famille très conservatrice qui a conclu son mariage avec une jeune fille qu'il connait à peine . Représentant de commerce pour Peugeot à Mahdia où la crise économique l'oblige à faire du démarchage assez rabaissant , il rencontre une belle femme émancipée et sensuelle qui travaille comme animatrice dans un hôtel club de vacances. C'est le coup de foudre et soudain l'envie de briser les chaines familiales et de se libérer de l'emprise de sa mère. Son mariage programmé lui apparaît comme un piège et une prison alors qu'il découvre enfin la joie de vivre avec une femme moderne . Le film est sensible, fin et très intéressant montrant assez subtilement la difficulté pour le jeune homme de trouver sa place entre traditions et liberté, enracinement dans son pays et évasion/fuite à l'étranger (la femme qu'il aime voyage beaucoup et va partir travailler à Montpellier, le frère d'Hedi s'est installé en France où il s'est marié, coupant avec son pays d'origine , faute d'avenir ) , entre la sage fiancée promise (qui ne se voit pas d'autre vie que celle d'épouse et mère) et sa passion épanouissante pour une femme plus affranchie. L'oeuvre montre bien le désarroi de ce jeune homme attachant, tenté par ce vent de liberté enivrant, mais craintif aussi d'abandonner son pays et les siens. Même si le réalisateur s'attache à brosser un portrait individuel, ce dilemme est sûrement celui de toute une jeunesse et sans doute la personnification des déchirements de tout un pays, mais la peinture sociale n'est apparente que par touches légères assez réussies. La fin est émouvante, brisée par l'amertume et la résignation. Le bonheur ne semble possible ni pour ceux qui partent ni pour ceux qui restent. NOTE: 6/10

vendredi 6 janvier 2017

NOCTURNAL ANIMALS de Tom Ford avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal (USA)

Je sors exaspérée de Nocturnal Animals que j'ai trouvé interminable et complètement raté. Prix du jury à Venise? Le scénario tient en quelques mots : une femme qui déchante grave sur son couple actuel reçoit le roman de son ex-mari qui s'y est mis en scène dans la peau d'un type agressé sur une route du Texas par trois voyous qui violent et tuent sa fille et sa femme. Voilà une lecture ne lui est pas très agréable . Il faut tenir 2h sur le sujet qui n'est pas des plus subtils. On a donc droit à l'illustration prolongée de l'agression puis de la recherche des bandits (c'est sidérant d'originalité!), force dialogues stupides à l'appui, dans une réalisation pachydermique qui téléphone tous les rebondissements à l'avance pour le spectateur simplet . Au cas où on n'y penserait pas, le réalisateur tient à souligner fortement que l'histoire inventée est une sorte de métaphore (pas fine) de ce que cet ex (Jake Gyllenhall pas subtil ici) a vécu psychologiquement dans sa relation amoureuse et qu'il y aura double vengeance, ô surprise! Évidemment la pauvre Amy Adams (assez insupportable à l'écran) ne le vit pas très bien. J'ai failli sortir dix fois de la salle , je n'en pouvais plus. NOTE: 1/10

mercredi 4 janvier 2017

FAIS DE BEAUX REVES de Marco Bellocchio avec Valerio Mastandrea, Bérénice Bejo. (ITALIE)

J’ai été très touchée par le nouveau film du très grand cinéaste italien Marco Bellocchio Fais de beaux rêves dont j’admire toutes les œuvres. Ce dernier film est un peu trop long (2h10), certaines séquences auraient pu être supprimées comme celles qui se déroulent à Sarajevo pendant la guerre qui ont pour seul intérêt de montrer ( on le sait bien) que pour faire sensation la vérité peut être faussée et la mort mise en scène, mais tout ce qui se rapporte à la tragédie de l’enfance est magnifique. En effet, un enfant perd brutalement sa mère tant aimée qui disparait mystérieusement . Le spectateur comprend ce qui est tenu secret mais le film adopte le point de vue de l’enfant qui s’interrogera toute sa vie sur les causes de cette mort qu’on lui dissimule par des mensonges et des croyances. Entre le désespoir , les souvenirs enchanteurs, la foi religieuse et l’illusion, l’enfant oscille de la perte irrémédiable au refuge dans l’imaginaire , un monde secret qu’il partageait avec sa mère où Belphégor le protège. Cette irruption des rêves et des fantasmes dans la réalité est très subtilement filmée . Le film montre aussi l’enfant devenu adulte qui fait une carrière prestigieuse de journaliste, succès obtenu d’ailleurs par des moyens assez immoraux, mais l’homme reste terriblement solitaire et traumatisé par le drame inexplicable de son enfance , amputé de toute vie affective désormais. Le film traite du rapport irremplaçable à la mère et du sentiment d’abandon qui résulte de son absence . Un thème bouleversant et vertigineux parcourt tout le film, et même toute l’œuvre de ce cinéaste: celui du "saut dans le vide" , titre de l'un de ses premiers films. NOTE:7/10