Mes Films

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avril 2016

mercredi 27 avril 2016

LA SAISON DES FEMMES de Leena Yadav (INDE)

Le film indien La Saison des femmes m'a intéressée bien que j'aie des réserves. Il nous présente la vie de quatre femmes dans un village rural très traditionnel (très arriéré disons-le) de la province du Gujarat, où les décisions sont prises par une sorte de conseil municipal archaïque exclusivement masculin . Chaque portrait de femme est assez stéréotypé puisqu'il y a la danseuse-prostituée qui se fait mépriser, l'épouse stérile qui se fait salement battre par son mari , un sauvage fou furieux, l'adolescente pauvre vendue en mariage à un délinquant et la veuve endettée complètement dominée par son fils odieux, ce délinquant . La représentation des hommes est absolument abominable et si le film reflète la réalité sans excès c'est vraiment le martyre pour les femmes là-bas, entre les coups et les abus sexuels, l'horreur de l'exploitation par les mâles dominants est le quotidien de toutes , comme le montrent des scènes d'une grande brutalité . Le film m'a paru bien réalisé toutefois, et la complicité qui s'établit entre ces femmes victimes qui s'accordent des moment de liberté entre elles et de joyeuses escapades , interrompt le cours de la réalité sordide par quelques belles échappées revivifiantes hors du village. Le film a du dynamisme malgré son sujet parce qu'il est tourné vers l'espoir d'une émancipation possible de ces femmes, il est plein de couleurs et de musiques comme beaucoup de films indiens qui ne négligent pas le spectacle pittoresque , ce qui lui permet de transcender le réalisme accablant et il aborde assez crûment la sexualité. Je ne l'ai toutefois pas trouvé original car il y a eu récemment plusieurs films qui dénonçaient l'exploitation des femmes par l'omnipotence masculine et valorisaient leur solidarité pour supporter ce joug, je pense en particulier au film marocain (très lourd) Much love, qui avait été interdit dans son pays comme celui-ci l'est en Inde . NOTE: 4/10

dimanche 24 avril 2016

LES MALHEURS DE SOPHIE de Christophe Honoré avec Caroline Grant, Muriel Robin, Golshifteh Farahani (FRANCE)

Je suis allée voir Les Malheurs de Sophie de Christophe Honoré en pensant passer un moment divertissant mais j'ai trouvé le film bien insipide en dehors de très belles images. Il est difficile de savoir ce que le cinéaste a voulu faire exactement en illustrant le livre démodé de la Comtesse de Ségur, si ce n'est une jolie mise en images assez ennuyeuse, surannée mais surtout sans la magie de l'enfance et le charme de l'imagination. Le film manque de fantaisie, d'humour et d'inventivité, il se traine en longueur, en particulier en ce qui concerne tous les trop inoffensifs mauvais traitements infligés à la poupée . Je ne suis pas sûre qu'il ait plu aux enfants très bien élevés de la salle qui sont restés polis mais sans aucune réaction , je les ai trouvés bien méritants car j'ai somnolé à plusieurs reprises. J'ai juste aimé quelques trop rares bestioles animées comme le petit écureuil et les hérissons mais le reste m'a souvent paru d'un ennui léthargique , sans verve malgré une caméra qui semble constamment échapper des mains de celui qui la tient et nous livre des images qui sautent désagréablement dans le cadre étroit de ce maudit format carré à la mode! La petite tête à claque qui joue Sophie n'est pas assez malicieuse et irrévérencieuse et je me demande vraiment ce que l'actrice iranienne Golshifteh Farahani vient faire dans ce film, elle affiche d'ailleurs un air perpétuellement consterné. Je n'ai trouvé ni tendresse ni cruauté, ni innocence ni mal, ni le vert paradis des jeux enfantins ni les angoisses de l'abandon. Les bêtises de Sophie sont insignifiantes, fades comme le film dans son ensemble. NOTE:3/10

mardi 12 avril 2016

A BIGGER SPLASH de Luca Guadagnino avec Tilda Swinton, Ralph Fiennes, Dakota Johnson (ITALIE)

Le film transpose La Piscine de Jacques Deray , qui se situait à Saint-Tropez, sur l'île volcanique de Pantelleria dont les paysages jouent un rôle important dans la tension dramatique , lieu de vacances touristiques idylliques qui se transforme peu à peu en piège tragique . Les criques d'eau transparente, les rochers basaltiques puis les pluies diluviennes accompagnent les méandres de ces liaisons dangereuses. L'actualité du film consiste à opposer deux visages de l'île, le microcosme artificiel , futile et très aisé du show business à la précarité des migrants qui échouent sur l'île, contraste présent aussi au niveau des langues parlées où l'anglais cosmopolite l'emporte sur l'italien dialectal. La prolixité insupportable du personnage exubérant joué par Ralph Fiennes est aussi en antithèse avec l' aphasie tout aussi agaçante de la chanteuse rock interprétée par Tilda Swinton. J'ai trouvé le début du film assez réussi avec l'arrivée spectaculaire de Ralph Fiennes dans un rôle très extraverti et décomplexé , loin des romantiques taciturnes intérieurement torturés qu'il incarne habituellement, et, l'accompagnant comme sa fille (ou non) , la présence troublante de Dakota Johnson en discrète Lolita . J'ai assez aimé ce que leur façon de s'imposer avait de dérangeant et de catalyseur pour le couple paisible et fusionnel des amoureux partis incognito. Par la suite le film m'a paru peu réussi quand l'ébauche des badineries sentimentales vire aux drames de la jalousie très appuyés et aux règlements de comptes cinglants; le film devient alors interminable avec des retours en arrière inutiles puis une enquête policière lourde . Finalement tout cela m'a paru vide et vain , peut-être parce que je suis indifférente aux états d'âme et aux instables jeux amoureux de ce milieu oisif superficiel que décrivait déjà Sagan il y a fort longtemps . Il n'y a pas de raison essentielle d'avoir fait ce remake que j'ai vu sans réel déplaisir mais sans grand intérêt non plus. NOTE: 3/10

dimanche 10 avril 2016

MEDECIN DE CAMPAGNE de Thomas Lilti avec François Cluzet, Marianne Denicourt. (FRANCE)

Le film présente la vie quotidienne d'un médecin de campagne dans le monde rural, un homme simple qui a la vocation de soigner les gens modestes du monde rural, qui se sont attachés à lui au fil des années et qu'il sait écouter. Le cinéaste nous le montre effectuant avec attention, dévouement et bienveillance, ses visites à domicile ou recevant les nombreux patients dans son petit cabinet. Le cinéaste, lui-même médecin, attire assez lourdement l'attention sur la disparition de cette forme de pratique médicale à la campagne qui avait pourtant un côté humain essentiel. Ses films, comme Hippocrate, relèvent souvent à la fois du constat et d'un militantisme discret. Or voici que le médecin lui-même est gravement malade et qu'il ne peut plus se dévouer seul corps et âme à ses malades. Une jeune femme médecin qui a exercé en ville et en hôpital, son antithèse donc, lui est imposée pour le seconder. Le film montre le conflit entre ces deux praticiens, conflit lié à l'âge, au sexe, au milieu social et à une approche différente du métier. Evidemment la nouvelle venue est mal acceptée dans le milieu rural méfiant ancré dans ses habitudes , d'autant plus que le médecin ne l'introduit dans ce monde qu'avec des préjugés lui aussi plutôt méprisants. Le film ne m'a pas paru d'un grand intérêt, les scènes de consultation sont banales et surtout superficielles, la confrontation entre les deux médecins est très stéréotypée et schématique même si le réalisateur évite le pire ( j'ai craint une histoire d'amour entre les protagonistes ) et la réalisation demeure très plate. Les débats suscités comme la question de savoir s'il faut maintenir à domicile un malade très âgé ou l'envoyer à l'hôpital ne peuvent qu'être effleurés . J'ai préféré La Maladie de Sachs, film plus profond et plus bouleversant , que Michel Deville avait adaptée au cinéma du livre d'un autre médecin, Martin Wincker. NOTE:2/10

TAKLUB de Brillante Mendoza (PHILIPPINES)

Taklub de Brillante Mendoza, cinéaste philippin que j'adore, est un film bouleversant sur la dévastation de la région de Tacloban après le terrible passage du typhon Haiyan en 2013. Le film qui suit, avec une caméra mobile qui parcourt les ruines, la survie de plusieurs rescapés de la catastrophe qui ont tous perdu des proches, a les limites du genre documentaire au sens où il manque d'élaboration et se veut avant tout reportage . Mais tout ce qui concerne l'importance des pratiques religieuses de la population catholique très fervente et fortement ébranlée dans ses croyances est saisissant et va au-delà du pathétique état des lieux. Certains continuent à faire des processions presque surréalistes dans les lieux dévastés, d'autres enterrent leur crucifix et maudissent Dieu, tandis que d'autres encore l'appellent à l'aide désespérément. C'est cet aspect religieux qui fait l'originalité du film, ainsi que le portrait d'une mère brisée mais encore battante comme on en trouve dans beaucoup de films de Mendoza. On sent Mendoza plein d'amour et de compassion pour le peuple philippin, ces gens brisés qui sont ses frères au sens religieux, avec lesquels ce film se veut en communion, et on ne peut pas ne pas en être profondément ému. Toutefois, sur le plan cinématographique, sur le même sujet, j'ai préféré A wonderful town sur une ville de Thaïlande qui se reconstruit lentement après la destruction causée par le passage d'un tsunami, film moins immédiat, plus intériorisé et plus poétiquement mélancolique . NOTE:5/10

vendredi 8 avril 2016

L'AVENIR de Mia Hansen-Løve avec Isabelle Huppert, André Marcon, Roman Lolinka (FRANCE)

L'Avenir présente la vie de Nathalie, la cinquantaine, professeur de philosophie à la fois charismatique et rigide dans un lycée parisien, qui publie aussi des ouvrages de philosophie, mariée depuis plus de vingt ans à un professeur de philosophie, et très proche d'un de ses anciens élèves, bellâtre également passionné par la philosophie . Bref la philosophie baigne jusqu'à saturation le film dont tous les personnages sont des intellectuels qui discutent de philosophie ou lisent des ouvrages philosophiques , microcosme très circonscrit. Du jour au lendemain l'existence bien organisée de Nathalie bascule quand son mari lui annonce qu'il la quitte pour une autre femme. Ce sont des choses qui arrivent IRL bien sûr mais pas très originales. La réalisatrice suit alors la nouvelle vie de Nathalie partagée entre le chagrin et la liberté. Nouvelle vie? Le scénario est d'une platitude consternante, accumulant les clichés éculés et les dialogues artificiels , la réalisation est tout aussi insipide. Plusieurs scènes , exaspérantes de prétention, sonnent faux, comme celles qui réunissent en phalanstère des jeunes philosophes cosmopolites révolutionnaires autour d'ânes (n'en sont-ils pas eux-mêmes?) dans le Vercors, l'équivalent des communautés anarchistes qui vivaient en élevant des chèvres dans le Larzac il y a quelques années . Le personnage du jeune étudiant ténébreux est insupportable (joué par Roman Kolinka aussi narcissique qu'un Louis Garrel). Le film qui se veut parfois comique accumule les platitudes et les scènes sans intérêt (la mère dépressive caricaturée , le chat désobéissant ). Mais surtout, quel "avenir" inédit propose-t-il à son personnage féminin et plutôt féministe délesté de son mari, de sa mère, de sa maison d'édition et du chat (ce qui fait beaucoup simultanément) ? Vous imaginez des horizons lointains, des perspectives exaltantes, des rencontres passionnantes? ...eh non, tout simplement la joie de devenir une mamie attendrie qui pouponne son petit-fils . Voilà qui donne une idée de la dimension du film. Bien sûr Isabelle Huppert est toujours merveilleuse. NOTE:2/10

QUAND ON A 17 ANS d'André Téchiné avec Corentin Fila, Sandrine Kiberlain, Kacey Mottet Klein (FRANCE)

Quand on a 17 ans est film très personnel d'André Téchiné sur deux lycéens impulsifs confrontés l'un à l'autre dans leur(s) différence(s) et la recherche d'eux-mêmes. L'histoire a pour décor une petite ville des Pyrénées durant une année scolaire. La nature, majestueusement filmée à toutes les saisons et particulièrement l'hiver, joue un rôle essentiel dans l'intrigue car elle offre une accalmie passagère dans les tensions entre les deux garçons et elle est essentielle pour l'un d'eux qui a grandi dans une ferme isolée de haute montagne. Le film propose une approche forte et complexe des questionnements essentiels de l'adolescence par un très grand cinéaste loin de l'insouciance . Il met face à face deux garçons qui se cherchent et se battent sans que les raisons profondes de leur haine ne soient explicitées puisqu'elles ne sont pas claires pour eux-mêmes. Le spectateur peut penser que leur rivalité est due à leur origine: un jeune métisse adopté par une famille rurale très modeste et un fils unique de milieu aisé, vivant dans une belle maison de ville, dont la mère est médecin et le père officier en mission dans un pays en guerre. L'enfant métisse , bien que très bon élève, est sauvagement solitaire et perturbé par l'arrivée inattendue d'un enfant dans la famille qui ne pouvait en mettre au monde. Il craint de n'y avoir plus sa place, de ne pas être un vrai fils par rapport au bébé à naître. Mais on s'aperçoit assez vite que la tension violente, muette et très corporelle, entre les deux garçons, en l'absence étrange de tout intérêt pour les jeunes filles dont la présence est inexistante, est probablement l'envers d'une passion refoulée par le jeune métisse , jusqu'à ce que son camarade ose lui avouer son attirance. Le cinéaste explore donc la prise de conscience de l'homosexualité par un jeune homme qui la rejette avec panique , redoutant sans doute de perdre son image de virilité comme il a peur de perdre son identité de fils , alors que son ami apprivoise peu à peu cette idée et l'accepte sans conflit avec lui-même. La fin du film ajoute des rebondissements aussi prévisibles que peu convaincants mais le jeune acteur métisse (Corentin Fila) est étonnant. NOTE:7/10

mardi 5 avril 2016

NAHID d' Ida Panahandeh avec Sareh Bayat (IRAN)


Nahid m'a plu sans m'enthousiasmer, sans doute parce que le cinéma iranien a présenté des oeuvres plus fortes sur un sujet analogue.L'originalité de ce film vient pour moi avant tout du lieu où il se situe et de l'atmosphère mélancolique qui s'en dégage, Anzali, une petite ville léthargique au bord de la mer Caspienne à la morte saison, où les vagues grises déferlent inlassablement sur le sable désert . Ce pourrait être aussi un film de Nuri Bilge Ceylan qui présente la Turquie sous les mornes ciels d'hiver. L'histoire dramatique nous est hélas plus familière, et aussi triste que le paysage. Une jeune femme iranienne divorcée lutte pour sa liberté, seule entre son ex-mari toxicomane possessif, son jeune fils difficile et un nouvel homme avec lequel elle hésite à s'engager par peur de perdre la garde de son enfant. Elle se heurte aux jugements sévères de son entourage intolérant , y compris dans son immeuble et à des problèmes d'argent. Tout est précaire dans sa vie, y compris ce nouveau mariage aux modalités étranges puisqu'il doit être renouvelé chaque mois, comme un crédit. Ce portrait de femme est intéressant parce qu'il n'est pas idéalisé, les circonstances critiques la poussant parfois au mensonge et à la dissimulation; l'utilisation des écrans de surveillance montre d'ailleurs la nécessité de cacher sa vie privée. J'ai trouvé cependant que la nouvelle histoire sentimentale que cette femme souhaite vivre était dénuée de toute passion, si bien qu'on comprend mal son dilemme. Le film m'a semblé d'ailleurs globalement froid. __NOTE: 4/10__

THE ASSASSIN de Hou Hsiao-Hsien avec Shu Qi, Chang Chen (TAIWAN)

The Assassin est visuellement sublime mais décidément le cinéma taïwanais est toujours pour moi très hermétique et je n'ai rien compris à l'intrigue du film. Dans la Chine médiévale , une mystérieuse jeune femme, élevée par une nonne qui l’a initiée aux arts martiaux, reçoit pour mission d'aller tuer son cousin dans un royaume voisin mais les sentiments qu'elle a pour lui l'empêchent de commettre cet assassinat de façon implacable. Par ailleurs ce cousin trahit sa femme avec une favorite du palais , enceinte de lui, et l'épouse trompée prépare aussi sa vengeance. Loin d'être un film d'arts martiaux classique avec des aventures virevoltantes et une certaine violence, il s'agit d'une oeuvre purement esthétique et contemplative dépourvue de la moindre action, une sorte de long cérémonial somptueux aux flammes de bougies vacillantes et aux ondulations des tentures rouges, un lent opéra oriental dans la lignée des Fleurs de Shanghaï mais beaucoup moins envoûtant. Je n'ai ressenti aucune émotion qui rattache cette splendeur à des sentiments humains. Certes le sujet est situé dans une Chine d'une époque très lointaine mais la tragédie grecque, par exemple, nous bouleverse. J'ai trouvé les images magnifiques mais je n'ai pas réussi à m'intéresser au film qui est un pur exemple de "l'art pour l'art" tel que le pratiquait Mallarmé en poésie. NOTE:3/10

KAILI BLUES de Bi Gan (CHINE)

Kaili blues pâtit d'une très faible diffusion en France mais il requiert une attention particulière pour suivre tous ses méandres. Chen est médecin dans la petite ville chinoise de Kaili, ville brumeuse et humide perdue au fin fond de la province du Guizhou. Il s'occupe de Weiwei, son neveu, que son frère délaisse et finit même par vendre, soit pour s'en débarrasser et gagner de l'argent soit pour lui assurer un meilleur avenir, le film n'indiquant rien des motivations de ce père incapable d'assumer quoi que ce soit. Chen part à la recherche de l'enfant et fait halte dans un beau village où il y a une fête et où il se familiarise avec les habitants ... C'est peut-être un très beau film mais je n'ai jamais réussi à accrocher et à m'y intéresser, je cherchais une prise pour adhérer à l'histoire ébauchée et j'ai vu de très belles prises, des mouvements de caméra fluides pleins de virtuosité mais le sens et le fil conducteur se dérobaient alors que cette liberté narrative fait sûrement l'intérêt du film; j'ai failli quitter la salle tant l'ennui me submergeait . NOTE:2/10

LES OGRES de Léa Fehner avec Adèle Haenel, Marc Barbé (FRANCE)

J'ai été emportée par l'énergie que dégage ce film sur la vie exubérante d'une troupe de comédiens ambulants passionnés par leur métier de saltimbanques et déchirés par leurs amours tumultueuses au sein du groupe, ce qui génère des rivalités sentimentales exacerbées et des conflits familiaux explosifs sur les routes, dans les caravanes et sous les chapiteaux. Mais c'est à chaque fois, même après les orages, priorité au spectacle! J'ai bien aimé les représentations données devant le public populaire des estivants dans les petites villes du midi de la France et la présence des jeunes enfants de la troupe, embarqués avec leurs grands enfants de parents . Le film est à l'image de ses personnages excessifs aux émotions intenses , qui se donnent à fond et ne connaissent pas de juste mesure entre le rire et les larmes, il est donc continuellement survolté et tourbillonnant mais je l'ai trouvé assez original . Certes il est trop foisonnant et très bruyant donc un peu long et épuisant , l'intrigue aurait pu être plus concentrée en éliminant quelques psychodrames , mais quelle vitalité communicative ont tous ces comédiens et musiciens itinérants , auxquels se joignent Adèle Haenel et Marc Barbé NOTE:6/10

dimanche 3 avril 2016

AU NOM DE MA FILLE de Vincent Garenq avec Daniel Auteuil, Sebastian Koch et Marie-Josée Croze (France)

Au nom de ma fille m'a beaucoup intéressée comme reconstitution d'une affaire judiciaire mais je trouve ce film moins réussi que celui de Téchiné sur l'affaire Le Roux L'homme qu'on aimait trop . Les faits sont présentés clairement sans effet mélodramatique et le scénario suit dans tous ses rebondissements le combat acharné que le père de la fillette violée et assassinée a mené pendant trente ans pour que l'assassin soit extradé d'Allemagne et puni par la justice française. J'ai été très touchée par l'interprétation de Daniel Auteuil dans le rôle du père brisé qui n'a plus , comme seul sens à sa vie, que cette lutte sans répit, par tous les moyens, pour que justice soit faite malgré les compromis internationaux des magistrats qui veulent classer l'affaire. Ce désir ou ce besoin de justice , au-delà de la persévérance courageuse, devient obsessionnel et il est dommage que la réalisation reste conventionnelle, sans transcender le fait divers réel qu'elle relate, car il y avait matière , arrivé à un certain degré d'acharnement , à s'interroger sur les motivations de cet homme et sur les dérives de son comportement. Je me demandais si, après une telle souffrance irrémédiablement subie, la possibilité de continuer à vivre se trouvait dans ce combat héroïque relancé sans relâche ou dans la solitude résignée du deuil; je me demandais s'il fallait chercher à savoir à tout prix l'innommable, avec les mots des actes précis qui font surgir des images, ou fuir dans un chagrin intérieur moins autodestructeur...Mais je comprends qu'il soit intolérable que le crime reste impuni. Bref, j'aurais aimé que le film aille au-delà du drame familial et de l' affaire judiciaire telle que la presse a pu la rapporter. NOTE: 5/10