Malgré plusieurs réserves, j'ai assez aimé ce film, tiré d'une terrible histoire vraie, celle de religieuses qui se sont retrouvées enceintes à la fin de la deuxième guerre mondiale dans un couvent de la campagne polonaise où elles avaient été violées par les soldats russes qui avaient libéré le pays du joug des Allemands. Dans ce huis-clos isolé, la mère supérieure, elle-même violée et atteinte de la syphilis, cherche à préserver les jeunes religieuses du bannissement que leur vaudrait la découverte de leur déshonneur. Le film montre l'atrocité de la honte ressentie par les victimes et celle du secret qui doit être préservé à tout prix, sans cacher la souffrance physique de ces accouchements clandestins. Il repose aussi sur le dilemme moral de la mère supérieure qui doit choisir entre la vie des enfants à naître et celle de ses pensionnaires qu'elle protège au prix du sacrifice de valeurs religieuses essentielles . L'histoire est d'une douleur inhumaine et la beauté de ce film atroce vient surtout de la lumière particulière qui baigne les visages des religieuses , très expressifs par leurs regards malgré l'uniformité des voiles, et les murs austères de ce bien triste couvent dans la campagne polonaise enneigée . Le dévouement, à ses risques et périls, d'une infirmière française de la Croix rouge est à la fois émouvant et trop héroïque, bien que ses souvenirs autobiographiques soient la source d'inspiration de la réalisatrice Anne Fontaine. Vincent Macaigne au jeu original essaie de dédramatiser l'atmosphère avec finesse, mais son idylle avec la jeune bénévole est assez fade et stéréotypée. La fin du film, qui se veut porteuse d'espérance de façon appuyée pour ne pas laisser le public sur la route d'un calvaire, m'a semblé mièvre et presque ridicule. __NOTE: 5/10__