Mes Films

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octobre 2015

samedi 31 octobre 2015

NOTRE PETITE SOEUR d'Hirokazu Kore-eda (JAPON)

A l'occasion de l'enterrement de leur père qui avait quitté le foyer familial lorsqu'elles étaient enfants, trois soeurs font la connaissance de leur jeune demi-soeur qui vient vivre avec elles et qu'elles adoptent de tout leur coeur. Hirokazu Kore-eda continue donc, après le sublime Tel père, tel fils , à observer les relations affectives dans la famille japonaise contemporaine, ici une famille aux parents disparus, remplacés par la soeur aînée . Il immerge sa caméra au sein de la vie quotidienne des quatre soeurs et tout est vu par leurs regards. La délicatesse du film vient de la fraîcheur de ces charmants personnages féminins, en particulier de l'adorable petite soeur, et du fait que tout soit suggéré à demi-mots, souvenirs esquissés, blessures secrètes, douleurs discrètes. Le film est fait de petites choses de la vie quotidienne , des prunes cueillies, des promenades sous les cerisiers, des petits plats exquis ...Tout cela compose simplement une suite de moments heureux partagés entre les soeurs et l'on peut être très sensible à ces plaisirs minuscules d'une beauté touchante. En fait, j'ai trouvé le film beaucoup trop long pour une intrigue aussi réduite, trop naïf , trop sentimental et bien mièvre. J'ai eu l'impression de suivre un dessin animé stéréotypé pour enfants à cause de la vision idyllique des relations familiales , de la musique sirupeuse qui enveloppe les séquences , des grands yeux tendrement éblouis de la petite Chihiro , des rires de joie cristallins, des gloussements continuels d'émerveillement , des salutations perpétuelles de politesse cérémonieuse envers la grande soeur dévouée...Bref, tout un monde édulcoré si gentil qu'il en devient exaspérant . NOTE: 3/10

vendredi 30 octobre 2015

CHRONIC de Michel Franco avec Tim Roth (MEXIQUE)

Chronic est donc la chronique au jour le jour de la vie d'un infirmier à domicile consciencieux qui assiste individuellement des personnes invalides atteintes d'une maladie incurable. Il fait leur toilette , les aide dans les gestes quotidiens , les veille la nuit, il leur apporte sa présence silencieuse et dévouée. Le spectateur assiste aux tâches professionnelles simples et souvent intimes de cet infirmier taciturne et bienveillant, qui va souvent au-delà de son rôle par empathie pour la souffrance humaine . Ce sont des séquences sobres , source d'une émotion infinie. Le film aborde la maladie, la dégradation du corps et l'approche de la mort avec un style très pudique , à la fois hyperréaliste et beau , dont la résonance est vraie . Cette pureté et cette retenue viennent de l'absence de musique qui proscrit l'émotion mélodramatique, du jeu intériorisé très subtil de Tim Roth et des plans fixes qui permettent de composer les scènes les plus prosaïques de la maladie (vomissements, excréments) comme des tableaux . Ainsi ce qui pourrait sembler sordide est transcendé par exemple par la lumière d'une lampe de chevet dans l'angle de l'image, par deux pommes rouges sur la blancheur livide d'un évier...Le film réussit le prodige de filmer sans ennuyer les gestes banals et répétitifs de la toilette comme un rituel presque sacré, animé d'une compassion muette . Cette communion silencieuse est bouleversante. L'humanité vient aussi du personnage de David, l'infirmier introverti qu'on devine brisé par un drame personnel dont quelques indices nous seront livrés discrètement, personnage d'une extrême solitude. La fin percutante du film est une idée très forte car elle s'oppose à l'agonie lente des malades tout en rejoignant le thème de la mort qui habite cette oeuvre à la fois déchirante et apaisée. NOTE: 8/10

mercredi 28 octobre 2015

THE LOBSTER de Yorgos Lanthimos avec Colin Farrell, Rachel Weisz, Léa Seydoux (GRECE et GRANDE-BRETAGNE)

The Lobster est une dystopie glaçante sous la forme d'une fiction d'anticipation qui imagine que, dans un hôtel sinistre au régime totalitaire, les célibataires ont 45 jours pour former un couple , sinon ils seront transformés en animal . Les dirigeants mettent en scène des saynètes de propagande sur le couple visant à en démontrer tous les avantages pratiques sur le plan social. Les sentiments sont inexistants et la sexualité est interdite mais celui qui ne vit pas en couple devient donc une bête. Les Solitaires, chassés au sens propre dans les bois sauvages, sont des parias. Notre pitoyable anti-héros (Colin Farrell en chien battu grassouillet ) ne réussit pas à trouver l'âme soeur et s'imagine trouver la liberté en se réfugiant chez les Solitaires. Mais l'Amazone Lea Seydoux y fait régner une organisation encore plus tyrannique qui proscrit l'amour . Par un effet cynique du scénario, c'est chez les Solitaires où il est interdit d'aimer que le protagoniste tombe amoureux... Le film est donc en deux parties distinctes , d'une heure chacune . Le sujet , qui est un apologue effrayant, et son traitement stylistique sont assez étranges, originaux, avec des ralentis surprenants et des scènes incongrues. Il s'en dégage des réflexions particulièrement pessimistes sur le couple et la solitude ainsi que sur les diktats sociaux . J'ai trouvé le film trop long et parfois plombant , en particulier dans la partie consacrée aux Solitaires qui piétine , s'enlise avec les visites chez les parents de l'Amazone et ennuie. Je lui reproche aussi d'être uniquement construit sur des concepts et de manquer d'émotion. Bref un avis mitigé. NOTE:5/10

lundi 26 octobre 2015

L'IMAGE MANQUANTE de Rithy PANH (CAMBODGE-FRANCE)

L'image manquante est un film dans lequel le cinéaste cambodgien Rithy Panh revient inlassablement sur la dictature de Pol Pot et les atrocités du régime des Khmers: alors adolescent, il a été à jamais traumatisé par ce passé . Il a été enrôlé comme beaucoup d'enfants dans les camps de travail qui étaient des camps de la mort , son père instituteur s'est laissé mourir et toute sa famille a péri. Il explique qu'il n'oubliera jamais et que son devoir de survivant est de témoigner sans relâche sur ce génocide dont il n'y a pas d'images. Les seuls documents que nous voyons à l'écran sont des reportages de propagande khmers. Rithy Panh a donc eu l'idée géniale de reconstituer son histoire familiale et celle de son peuple avec de minuscules figurines de terre peintes. Ces petits personnages enfantins et immobiles, très expressifs, sont placés dans des décors miniatures qui reconstituent de façon élémentaire mais minutieuse le Cambodge de cette époque. La force et l'originalité de l'oeuvre résident dans la création de ces figurines et dans la façon de les filmer. Elles évoquent la terre que devaient travailler jusqu'à l'épuisement les Cambodgiens "rééduqués" dans le Kampuchéa démocratique, la terre où ils étaient ensevelis et la pétrification de la population déshumanisée. Les séquences nombreuses d'enterrement des figurines sont poignantes car l'art naïf avec lequel elles sont peintes rappelle tous les enfants martyrs . Le film a un aspect fortement autobiographique par le texte de la voix off constitué des souvenirs , des témoignages et des accusations de l'auteur mais il dépasse largement son histoire personnelle pour évoquer plus largement les années d'horreur où les Khmers furent au pouvoir, à Phnom Penh dévastée et dans les campagnes où le peuple était réduit en esclavage, anéanti par la famine , avili, torturé ou exécuté. On ne peut rester insensible à cette tragédie historique qui partait d'une utopie délirante et les minuscules figurines fragiles expriment aussi cette impossibilité à lutter contre la barbarie dominante. J'ai toutefois trouvé que le film n'avait pas la force dramatique des tableaux vivants de Crosswind sur la déportation des Estoniens, parce qu'il manque d'homogénéité mais surtout parce que l'omniprésence de la voix off qui commente tout de façon très répétitive sur fond sonore ininterrompu devient vite fastidieuse alors que le silence aurait été plus saisissant. NOTE: 6/10

jeudi 22 octobre 2015

MON ROI de Maïwenn avec Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot (FRANCE)

Mon Roi est un film sur la passion destructrice, qui m'a paru inégal mais avec des scènes d'une grande intensité émotionnelle qui nous emportent dans leur souffle incandescent . C'est l'histoire brûlante d'un amour fou irrationnel et ravageur entre deux êtres que tout oppose et qui va faire plonger une femme équilibrée dans l'aliénation sous l'emprise d'un pervers narcissique charismatique. Ce que j'ai préféré, c'est le personnage masculin de Giorgio, qu'incarne Vincent Cassel avec une force impressionnante, parce qu'il est particulièrement complexe et déstabilisant . Ce séducteur imprévisible dégage un charme aussi irrésistible que redoutable, et se révèle de plus en plus manipulateur et tyrannique à mesure qu'évolue sa relation sentimentale . Sans doute parce qu'il y a une part d'autobiographie dans cette histoire souvent filmée comme un psychodrame, Maïwenn réussit particulièrement bien à rendre l'aspect névrotique des brusques changements d'humeur de cet homme violent et impulsif , ainsi que la difficulté pour celle qui l'aime d'échapper à son emprise, même si elle n'est pas présentée comme soumise ni totalement victime de sa passion. Mais le titre est bien choisi: il règne sur elle et l'amour euphorique cède vite la place aux affres de la souffrance et de la torture morale. J'ai trouvé les dialogues très expressifs et révélateurs : Vincent Cassel lance dans le film avec désinvolture des répliques cinglantes qui lacèrent l'aimée comme des coups de fouet. Les scènes du centre de rééducation où le personnage féminin réapprend à marcher après s'être cassé le genou m'ont paru sans intérêt, même si elles permettent d'introduire des pauses entre les séquences passionnelles qui virent parfois à l'hystérie. C'est dans ce centre que la femme revoit par bribes les souvenirs de cette passion destructrice. C'est donc là aussi qu'elle se reconstruit, mais le parallèle entre la rééducation physique et la reconstruction de soi m'a paru trop appuyé. L'opposition entre le luxe artificiel du milieu parisien branché dans lequel se déroulait la relation passionnelle et les jeunes sportifs d'origine modeste à la joie de vivre saine du centre de soins m'a semblé caricaturale . Je reproche aussi au film de n'être construit que sur les deux protagonistes et de rendre insignifiants tous les rôles secondaires, y compris celui de Louis Garrel. Mais c'est un film d'une sensibilité viscérale auquel il est difficile de rester indifférent. NOTE: 7/10

mercredi 21 octobre 2015

CRIMSON PEAK de Guillermo del Toro avec Mia Wasikowska, Jessica Chastain, Tom Hiddleston (USA)

Crimson Peak est un film de genre flamboyant qui emprunte ses éléments de référence aux contes merveilleux , aux romans sentimentaux anglais et aux films d’épouvante, en ne cessant de se métamorphoser à l’image de ces papillons qui en sont le motif central. Il commence en effet comme un conte de fée où la jolie jeune fille candide , Edith Cushing, romancière américaine débutante, a perdu sa mère bien-aimée et vit avec un vieux père bienveillant. Pas de marâtre mais, première incursion dans le fantastique, le fantôme torturé de la défunte lui lance un avertissement énigmatique "Prends garde à Crimson Peak" dont les retentissements ponctueront l’intrigue . Le film continue dans le conte de fées inversé avec un bal somptueux où notre riche héritière naïve valse avec un prince charmant ruiné et c’est le coup de foudre faussement romantique . S’ensuit un départ pour l’étrange manoir gothique anglais de Crimson Peak construit sur des terres argileuses sanglantes … Le film abandonne alors les teintes pastel de la maison de poupée pour le registre macabre de l’antre noir des criminels damnés (avec l’envoûtante Jessica Chastain dans un rôle machiavélique) à la chambre interdite entre Barbe Bleue et Shining. Le décor labyrinthique hanté qui a été imaginé pour Crimson Peak est d’une originalité fascinante et les images baroques du film sont splendidement effrayantes . Le cinéaste nous tient en haleine en nous faisant découvrir peu à peu cet univers ténébreux et ses locataires monstrueux , en même temps que la fragile héroïne, ce qui maintient un suspense constant. J’ai nettement moins aimé le crescendo sanguinolent de la dernière partie, qui clôt le film avec les stéréotypes pénibles du film d’horreur le plus éculé. NOTE: 7/10

FATIMA de Philippe Faucon (FRANCE)

Fatima est le portrait magnifique d’une femme humble et digne , venue du « bled » pour s’insérer en France , qui élève seule ses deux filles, l’aînée très studieuse qui commence des études de médecine et la cadette indomptable dans sa crise d’adolescence rebelle . Philippe Faucon trouve un ton juste pour observer avec beaucoup d’humanité et de finesse les difficultés quotidiennes de cette femme traditionnelle persévérante , qui travaille à assurer l’avenir de ses filles dans un monde où elle est ignorée, voire méprisée. L’originalité de l’œuvre est de faire du langage son thème central. En effet , Fatima est en situation d’infériorité car elle ne parle pas le français et le comprend mal. Mais elle écrit en arabe une sorte de journal intime qui lui permet de s’exprimer en silence et de garder le lien avec ses origines. Ce journal sera finalement lu à voix haute comme l’accès à la parole de toutes les Fatima muettes. Sa fille aînée s’intègre car elle maîtrise la langue française, sait la lire et l’écrire, ce qui contribue à la réussite de ses études malgré son origine modeste et ses problèmes financiers . La cadette manifeste sa révolte en adoptant le langage vulgaire des cités, elle a donc des copains mais en se marginalisant. Le film traite aussi de la domination et de la soumission, mais d’une façon implicite et subtile en montrant que les valeurs profondes de la mère ont peu de poids par rapport à l’autorité du père arabe. Fatima travaille comme femme de ménage, condition nécessairement subalterne. Les scènes à l’école ou chez le médecin font aussi comprendre la difficulté pour cette femme de se faire entendre et donc estimer. Le film est rempli de détails imperceptibles sur l’humble combat quotidien que Fatima doit mener pour être respectée, y compris dans sa propre communauté installée en France . Il nous fait saisir le vertige constant de cette femme (d’où sa chute psychosomatique dans l’escalier) d’être prise entre deux cultures , les valeurs fondamentales inculquées par l’héritage traditionnel du bled lointain qu’il est impossible de remettre en question , et la pression de la modernité occidentale à laquelle elle doit s’adapter coûte que coûte. J’ai été émue jusqu’aux larmes par la scène où Fatima vient lire le succès de sa fille à l’examen . Ce film est un chef d’œuvre bouleversant. NOTE: 9/10

PAR ACCIDENT de Camille Fontaine avec Hafsia Herzi, Emilie Dequenne. (FRANCE)

Une jeune Algérienne modeste, en attente de ses papiers de séjour en France, écrase un piéton, un soir, dans un moment d'inattention au volant . Nul ne l'a vue. Une inconnue singulière l'innocente peu après par un faux témoignage, prétendant s'être trouvée sur le lieu du drame... La situation de départ de ce film a une grande force dramatique et le film impose d'emblée un climat de mystère angoissant qui ira en crescendo. Qui est cette charmante inconnue et que veut-elle obtenir? Le suspense, d'une tension constante, est réussi aussi bien concernant cet accident dont on ne voit rien (est-il fantasmé?) que le sort de la coupable torturée de remords, mais il se concentre surtout sur l'énigmatique jeune femme venue providentiellement défendre la conductrice, dont les motivations restent très obscures. Le film développe les liens étranges de fausse amitié entre les deux femmes que tout oppose radicalement , la jeune mère de famille introvertie et timide , l'aventurière exubérante et audacieuse . Cette opposition est beaucoup trop manichéenne pour être vraisemblable mais elle est incarnée par deux actrices talentueuses, Hafsia Herzi subtilement discrète et Emilie Dequenne d'une assurance éclatante . La cinéaste Camille Fontaine sait dévoiler quelques indices sur l'inconnue au fil de l'intrigue tout en préservant ses zones d'ombre de façon assez captivante. Elle montre assez bien l'ascendant qu'elle prend sur l'épouse effacée et la manipulation insidieuse à laquelle elle se livre, davantage dans son propre intérêt que dans celui de celle qu'elle prétend aider. Le film présente aussi un aspect actuel dans la mesure où il traite de la précarité sociale , l'une des femmes essayant de s'en sortir courageusement par un travail humble , l'autre tirant d'avantageux bénéfices d'escroqueries dangereuses. Le film est certes un peu simpliste mais il m'a intéressée. NOTE : 6/10

samedi 17 octobre 2015

L'HOMME IRRATIONNEL de Woody Allen avec Joaquin Phoenix, Emma Stone. (USA)

L'intrigue tourne d'un professeur de philosophie dépressif d'une université américaine qui retrouve un sens à sa vie en accomplissant ce qu'il croit être un crime parfait et humaniste, et en cédant à l'attirance d'une jolie étudiante. Évidemment l'ironie du sort veut que tout cela se retourne contre lui...J'ai trouvé qu'il manquait à cette comédie policière et sentimentale, un brin philosophique, justement le ton léger et le rythme enlevé de la comédie, l'inspiration brillante qui animait Magic in the Moonlight. L'histoire , dépourvue d'originalité, est peu intéressante, et, traitée sans brio, elle n'offre pas le plaisir d'une comédie divertissante. Je me suis même ennuyée. J'ai pensé que cela pouvait venir en partie du choix inadapté de Joaquin Phoenix, terriblement lourd face à la gracieuse Emma Stone, et des dialogues assez plats , dont la verve habituelle de Woody Allen est absente. NOTE: 3/10

mercredi 7 octobre 2015

SANGUE DEL MIO SANGUE de Marco Bellocchio (ITALIE)

Admiratrice inconditionnelle de Bellocchio , j'ai couru voir Sangue del mio sangue , qui m'a malheureusement paru assez mauvais. La mise en scène est d'une beauté ensorcelante avec ces extraordinaires lumières nocturnes qui font la splendeur du cinéma de Bellocchio, teintées ici d'une esthétique fantastique proche de certains films gothiques de Dario Argento. Mais la construction en diptyque hybride m'a semblé ratée. La première partie , assez envoûtante, est une classique histoire de passion interdite dans les ténèbres d'un couvent de religieuses qui aboutit à la condamnation d'une ardente jeune nonne pécheresse accusée de pactiser avec le diable à une époque lointaine où l'Eglise est indissociable du fanatisme et de l'obscurantisme. Cet épisode est très romanesque, magnifiquement filmé mais dans le fond assez conventionnel. On y trouve le thème du double, deux frères et deux soeurs, un peu comme dans Tale of tales. La deuxième partie a toujours pour décor le couvent-prison de Bobbio mais de nos jours. Cet épisode moderne se veut plus original et plus humoristique mais c'est vraiment du grand n'importe quoi, lourd, bavard et soporifique, relié par un fil beaucoup trop ténu à l'épisode précédent. Le cinéaste y exprime la nostalgie des élégants vampires de jadis qui sont devenus des mafieux dans une Italie dominée par la corruption, la vulgarité et internet. Le couvent-prison va être racheté par un russe véreux , l'inspecteur est vénal etc...mais on est très loin d'Only lovers left alive dans la réécriture actualisée du thème des vampires. NOTE: 3/10

samedi 3 octobre 2015

VERS L'AUTRE RIVE de Kiyoshi Kurosawa avec Tadanobu Asano (JAPON)

Le film dévelope la belle idée qu'il n'y a pas de frontière entre le monde d'ici-bas et celui des morts, que ceux que nous côtoyons familièrement sont peut-être défunts car ils ont une apparence et des activités semblables aux nôtres. Le climat est donc celui de l'étrangeté mais plus rassurante qu'inquiétante. Cette méditation nappe le film de superbes images légèrement surréelles , d'une poésie troublante, avec un beau travail sur la lumière artificielle . Nous suivons le voyage dans la campagne japonaise d'un homme mort depuis trois ans venu chercher son épouse vivante pour qu'elle l'accompagne vers l'autre rive dans le parcours qu'il fit seul durant son absence. Elle rencontre ainsi ceux qui l'aidèrent, morts ou vivants, sans distinction apparente . J'ai été assez longtemps entrainée dans cet itinéraire légèrement irrationnel, ce fantastique imperceptible...puis peu à peu l'ennui et la somnolence m'ont gagnée, j'ai rejoint à mon tour le monde des limbes , le film m'a paru interminable (plus de 2h) et la fin très conventionnelle. Plusieurs séquences assez vides m'ont semblé ressasser toujours la même idée sans être animées d'un souffle inspiré. NOTE: 4/10