Mes Films

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août 2015

vendredi 28 août 2015

LES SECRETS DES AUTRES de Patrick WANG (USA)

Patrick Wang est un cinéaste indépendant américain d'origine taïwanaise .Son premier film In the Family , d'une durée excessive de 3 heures , comportait des séquences d'une émotion indicible sur la solitude extrême d'un homme dont le compagnon tant aimé meurt accidentellement et à qui on retire la garde de l'enfant qu'ils avaient adopté .L'état de néant de cet homme en deuil , filmé avec une retenue digne, prenait une intensité déchirante qui m'avait bouleversé. Avec Les secrets des autres, qui porte en réalité le beau titre " le chagrin des autres" grief of others, Wang revient , à sa façon juste et pudique, sur la famille et la perte. Ce cinéaste a un style très personnel pour capter, avec une émotion sobre, les répercussions silencieuses des drames familiaux sur les êtres sensibles : quelques regards, quelques bribes de paroles et soudain, interrompant la narration et brisant la chronologie, le surgissement de réminiscences quasi oniriques pour suggérer les douleurs enfouies et les fêlures causées par les épreuves de la vie ou un comportement maladroit des proches. Le cinéma de Patrick Wang est étonnant par la façon dont il conjugue à la fois la liberté de plusieurs personnages qui semblent aller et venir naturellement dans l'histoire et des recherches formelles inédites (la dernière séquence visuellement très surprenante donne au film une apothéose éblouissante ) . On a l'impression que le cinéaste lâche la bride pour laisser vivre ses personnages en autonomie et affleurer les souvenirs affectifs, tout en apportant un soin très délicat dans la maîtrise de l'image. Il y a des maladresses dans les deux films encore imparfaits de ce jeune réalisateur, comme ici le personnage de la demi-sœur aînée, utilisée comme catalyseur, qui ne m'a pas convaincue car elle constitue un ajout mélodramatique lourdement redondant au personnage brisé de la mère . Mais l'authenticité humaine qui se dégage de cette oeuvre en devenir m'émeut. NOTE: 7/10

mercredi 26 août 2015

DHEEPAN de Jacques AUDIARD ( FRANCE)

Je suis très déçue par le film . J'ai été touchée par le début parce que le sort terrible des migrants me bouleverse et que les trois attachants Sri-lankais qui sont au coeur du film ont immédiatement suscité ma sympathie. Ce sont des personnages sensibles, surtout la délicate jeune femme. J'ai aimé aussi les premiers contacts, si difficiles, avec la France qui n'a rien d'une terre rêvée pour les arrivants lointains, le dépaysement radical, le choc brutal . Les séquences sur la scolarisation de la petite fille m'ont paru très réussies. Mais après, c'est vraiment du grand n'importe quoi. Notre faux trio est débarqué dans une banlieue hallucinante où sévit une guerre des gangs de dealers plus rude que la guerre civile au Sri -Lanka. Ce parallèle explicite laisse très perplexe. Dans cette cité en effet ce ne sont que tirs d'armes à feu continuels avec des tueurs postés sur les toits et nos réfugiés semblent avoir moins de chances d'échapper à une mort violente que sur leur île en guerre. Le cinéaste abandonne alors le sujet d'origine pour tourner une sorte de film policier artillerie lourde à l'américaine dont Vincent Rottiers devient la vedette sans que l'on comprenne exactement le rôle qu'il tient chez un vieil homme handicapé. Du coup, Audiard passe à côté du beau thème qu'était la découverte de cette fausse famille et le passage subtil des liens usurpés à une véritable affection. Les rapports affectifs entre les personnages sont mal développés comme s'ils étaient brouillés par ces histoires confuses de dealers. J'ai ensuite carrément décroché quand le film s'est transformé en carnage généralisé et le paisible immigré en grand justicier. La fin est d'un optimisme inepte, gommant soudain tous les problèmes des migrants. L'ensemble ne m'a pas paru convaincant, ce film maladroit sonne faux. NOTE: 4/10

lundi 24 août 2015

LE PRINCE DE HOMBOURG (1996)de Marco Bellocchio (ITALIE)

C'est un film que Bellocchio a tiré de la pièce de Kleist en 1996. En effet je n'ai pas lu l'oeuvre et l'intrigue m'a paru compliquée à suivre au cinéma. Le Prince de Hombourg est un jeune militaire vaillant mais somnambule et distrait qui, lors d'une bataille contre l'armée suédoise, prend une initiative dont il n'a pas reçu l'ordre par son supérieur . Cette initiative personnelle assure la victoire de son pays mais lui vaut la peine de mort pour désobéissance en cour martiale. Ce sujet permet d'aborder des problématiques intéressantes comme le conflit entre l'individu et la loi . En fait, ce n'est pas cela qui m'a intéressée mais les qualités purement cinématographiques du film. Bellocchio donne une grandeur tragique saisissante à son héros dont il montre aussi les faiblesses terriblement humaines: j'ai été bouleversée par la séquence où , apercevant des fossoyeurs creuser sa tombe, le prince perd toute dignité pour supplier viscéralement de vivre même dans la honte et le renoncement à tout ce qui fait l'honneur et le bonheur. Plusieurs séquences sont d'une puissance dramatique déchirante, qu'accentue la beauté sombre des lueurs nocturnes car presque tout le film se déroule dans la nuit. Cette histoire à la fois cornélienne et très romantique prend ainsi une dimension onirique fantasmagorique , si bien qu'il est difficile de savoir quand le prince somnambule rêve ou est éveillé. J'ai regretté que certaines scènes , trop axées sur le texte et plus figées, manquent de passion . NOTE: 6/10

vendredi 21 août 2015

LA BELLE SAISON de Catherine CORSINI avec Cécuile de France et Izia Higelin (FRANCE)

J'ai trouvé inégal ce film dont j'ai pourtant aimé des éléments. Curieusement ce qui me semble le moins réussi c'est la passion entre les deux femmes. J'ai l'impression que sur ce thème La Vie d'Adèle est d'une fulgurance inégalable, en particulier pour les scènes érotiques, très conventionnelles ici. Cette histoire d'amour ne réserve guère de surprise. Cécile de France est d'une beauté (intégrale) éblouissante mais on ne croit pas un instant qu'elle soit professeur d'espagnol. En revanche le personnage joué par Isia Higelin m'a paru beaucoup plus subtil . Je trouve que son écartèlement entre la campagne du Limousin, où elle a grandi dans une ferme, et Paris, où elle découvre avec fascination des mentalités plus ouvertes et plus libres, est intéressant. Le conflit assez déchirant entre son amour pour une intellectuelle féministe et son attachement à sa famille rurale est bien rendu, tout comme l'impossibilité pour la citadine de s'intégrer véritablement à la campagne . La difficulté insurmontable dans cette passion ce n'est pas l'homosexualité mais le fait que l'une des femmes soit viscéralement parisienne et l'autre enracinée dans le monde paysan . Par amour , tour à tour, la citadine va rejoindre sa bien-aimée à la ferme, puis c'est l'inverse et au bout d'un moment , malgré les efforts et l'attachement, c'est invivable. Je suis sensible à ce dilemme intemporel. Le film commence en 1971 avec les mouvements féministes et c'est essentiel d'en reparler actuellement où les droits de la femme ne cessent de régresser dans de nombreux pays . Toutefois ce thème est malheureusement vite mis en sourdine au profit de l'histoire d'amour , ce qui est dommage. La campagne est vraiment bien filmée. J'ai regretté que la vie culturelle parisienne ne tienne pas assez d'importance pour le personnage joué par Cécile de France. De toute évidence ce rôle est moins fouillé que l'autre dont on se demande s'il ne se nourrit pas de souvenirs autobiographiques. NOTE:5/10

mercredi 19 août 2015

AMNESIA de Barbet SCHRODER avec Marthe Keller (SUISSE)

Des éléments m'ont plu mais l'ensemble ne m'a pas convaincue. Le film m'a paru inégal. J'ai eu beaucoup d'émotion en revoyant Marthe Keller, à qui les années ont donné un beau visage humain, authentique et serein . Elle se fond avec le décor naturel, magnifiquement photographié, d'Ibiza dont le cinéaste choisit un endroit sauvage, très éloigné de la mode touristique. Le film commence bien, de façon romanesque, avec la rencontre entre cette Allemande qui a fui le passé historique horrible d'un pays qu'elle renie , trouvant l'harmonie dans la solitude paisible de l'île et un jeune homme qui veut s'y établir comme DJ. Une tendre amitié se tisse délicatement entre le garçon moderne et l'ancienne violoncelliste classique, cette partie du film sur leur complicité est assez belle, c'est dommage qu'elle reste limitée . Mais la suite du film, qui revient sur les crimes nazis avec un conflit pénible entre l'héroïne et la famille du jeune Allemand, est exaspérante car prévisible , lourdement explicative et mille fois abordée au cinéma avec les mêmes arguments éculés. Les rapports entre les personnages en sont détériorés et la fin mièvre est ratée. Je trouve qu'on voit trop de films en ce moment sur le thème de la perte de la mémoire, que l' amnésie soit accidentelle ou volontaire, et les interprétations qui s'y greffent symboliquement sont redondantes. Sur un thème proche , j'avais préféré La Duchesse de Varsovie , cette belle histoire qui défile devant des toiles peintes, où les relations entre la dame âgée et son petit-fils étaient plus subtiles. NOTE: 4/10

mardi 18 août 2015

COUP DE CHAUD de Raphaël Jacoulot avec Karim Leklou, Jean-Pierre Darroussin, Grégory Gadebois (FRANCE)

J'ai vu Coup de chaud sans ennui mais sans grand intérêt non plus. Je vais parler du sujet car il y a peu à dire sur la réalisation qui m'a paru conventionnelle.S'inspirant d'un fait divers, le film montre comment Joseph, un jeune homme différent, un peu simplet, une sorte d"idiot" de village, fils de ferrailleurs, est victime du rejet de plus en plus haineux des habitants intolérants d'un hameau de campagne oppressant, et devient leur bouc-émissaire. Ce climat oppressant est rendu à la fois par l'étroitesse des mentalités et par la sécheresse de la chaleur d'été. Sécheresse du coeur et de l'atmosphère. Le personnage marginal est bien joué par Karim Leklou. Le film est assez effrayant par l'observation implacable de ce microcosme rural bête et méchant.Ce ne sont pas des braves gens , ce sont les gens les pires qui soient , dépourvus de toute compassion, mesquins, matérialistes et jaloux.J'ai trouvé le dénouement conventionnel avec les interrogatoires dignes de films policiers basiques et surtout peu cohérent dans la mesure où le personnage que joue Grégory Gadebois me semblait être une sorte de double de Joseph, humain, étranger au village donc paria, peu apprécié et dans une situation douloureuse de frustration sentimentale lui aussi . Finalement les rustres ont réussi à éliminer les deux brebis galeuses. C'est terrible. NOTE:3/10

vendredi 14 août 2015

LA NINA DE FUEGO de Carlos Vermut avec Barbara Lennie (ESPAGNE)

La jeune épouse névrosée d'un psychiatre manipule les hommes et devient victime d'un chantage qui la contraint à subir des sévices sexuels. C'est un mauvais film qui opte pour une esthétique formelle moderne avec une narration à ellipses, éclatée et déstructurée à la façon d'un puzzle à pièces manquantes, mais cette construction m'a paru être un artifice mystificateur pour masquer le vide et l'insignifiance du propos. L'intrigue est d'une stupidité exaspérante. Rien n'est de feu, les personnages sont glacés, désincarnés et inconsistants, surtout l'héroïne qui n'a nullement la séduction fatale d'une manipulatrice . Le film est dépourvu de passion et même de perversité. Certaines séquences sont légèrement inspirées de films de Bunuel d'une froideur perverse comme Le Charme discret de la bourgeoisie ou Belle de jour, plus que de l'énergie délirante d'Almodovar . J'ai trouvé que ce film vain ne parlait de rien , il m'a semblé être une imposture . Je n'ai aimé que le beau personnage sacrifié de la petite fille leucémique . NOTE/ 2/10

lundi 10 août 2015

DES APACHES de Nassim Amaouche avec Nassim Amaouche, Laetitia Casta (FRANCE)

Le film m'a semblé raté , pourtant Nassim Amaouche , le jeune réalisateur qui interprète aussi le personnage central a un très beau sens du cinéma. Samir, un Kabyle solitaire, retrouve à Paris son père qui lui était inconnu et qui reste un étranger avec lequel la communication est difficile. Il découvre alors peu à peu la communauté kabyle de Belleville, reproduisant en France le mode de vie du bled, à la fois viscéralement soudée et divisée par des conflits d'intérêts financiers . Le film est très maladroit parce qu'il s'enlise dans un scénario vide , dans des procédés de narration lourds comme cette voix off malvenue en commentaire tantôt documentaire tantôt romanesque, qui essaie vainement de soutenir l'intérêt et dans une intrigue sentimentale fade . L'ensemble est mal maîtrisé, souvent confus et très lent. Mais le cinéaste sait superbement créer une atmosphère, en particulier dans les petits bars de Belleville, il sait observer l'humanité des visages expressifs et capter de magnifiques lumières nocturnes dans la dérive du héros à travers Paris. Il a su aussi ébaucher un beau personnage sans attaches, silencieux et errant. NOTE: 4/10

samedi 8 août 2015

AFERIM de Radu Jude (ROUMANIE)

Un brigadier et son fils sont chargés de retrouver un esclave tzigane en fuite et de le ramener à son maître dont il a séduit la femme pour que celui-ci le châtie . Tourné dans un superbe noir et blanc qui est un hommage au cinéma classique, ce récit picaresque suit le trajet à cheval des deux personnages à travers la campagne roumaine du début du XIXème siècle. A la manière de Jacques et son maître, ce duo burlesque, où le brigadier incarne un vantard stupide et paillard , devise tout au long du parcours, et les haltes sont l'occasion pour le cinéaste de dépeindre l'obscurantisme et la barbarie à la fois des paysans, du clergé et des riches, une humanité barbare, fruste et grossière. Mais il met surtout en évidence le mépris brutal dont sont victimes, de la part de tous, les tziganes qualifiés de corbeaux et exploités comme esclaves. Ce thème central est le plus intéressant par un aperçu historique terrible qui rejoint la poignante actualité. Représentation d'un triste monde , même si le ton est souvent celui de la bouffonnerie. J'avais trouvé la bande-annonce du film originale et inventive, le film qui était prometteur m'a un peu déçue et ennuyée parce que, pour un récit picaresque, il manque vraiment de rythme, les étapes se ressemblent, l'intrigue piétine et reste très mince , d'autant plus que notre héros est un intarissable bavard. J'imagine la verve et le brio délirant avec lesquels Kusturica aurait transcendé ce sujet!NOTE:4/10

vendredi 7 août 2015

LA DAME DANS L'AUTO AVEC DES LUNETTES ET UN FUSIL de Joann Sfar avec Freya Mavor, Benjamin Biolay, Stacy Martin (FRANCE)



Excellente surprise ! J'ai passé un très bon moment. J'ai trouvé le film brillant et mystérieux sur le thème de la manipulation, j'ai beaucoup admiré les recherches formelles qui en font un kaléidoscope très étrange , un exercice de style de virtuose, à la manière de David Lynch, où il est difficile de démêler la part de fantasmes, d'onirisme et de folie . Le spectateur est emporté dans la même spirale vertigineuse et hypnotique que la très belle jeune femme rousse et myope aux longues jambes de mannequin .Il y a des séquences étonnantes dans ce road movie aux rebondissements imprévus (bien que tout soit , en fait, prévu!) On remarque le rôle très bref des jeunes enfants à des moments clés comme s'ils orientaient la fiction.Les dernières minutes proposent très rapidement une explication pour reconstituer les morceaux du puzzle comme dans le dénouement d'une intrigue policière, cette tentative d'explication est bâclée et incohérente mais cela ne m'a pas gênée car l'intérêt du film résidait pour moi dans la mise en forme de l'irréalité et du rêve éveillé. Je regrette de ne pas avoir vu Le Chat du rabbin car Joann Sfar est un artiste très doué. NOTE: 7/10

jeudi 6 août 2015

BENDS de Flora Lau avec Carina Lau (HONG KONG)

Aujourd'hui je me suis endormie devant le film hongkongais Bends. L'idée , un peu durassienne, est de confronter la douleur sentimentale d'une riche et très élégante hongkongaise (Carina Lau raffinée en Delphine Seyrig asiatique) que son mari a quittée et les difficultés matérielles d'un jeune couple chinois pauvre qui attend un deuxième enfant. Le jeune homme est le chauffeur de la belle femme aisée, et le film se passe entre Shenzhen et Hong Kong où l'épouse enceinte cherche à accoucher clandestinement pour éviter la lourde amende sur le deuxième enfant en Chine. Le film est construit sur des allers et retours entre les deux villes voisines , et bâti sur des contrastes démonstratifs entre l'appartement luxueux mais vide de la femme abandonnée et la promiscuité du petit logement modeste du couple chinois uni dans l'infortune. Ces deux mondes, qui se côtoient quotidiennement, s'ignorent avec indifférence. Le film, peu original, vise à montrer les solitudes et les drames personnels mais je l'ai trouvé glacé, sans humanité, avec des images soignées mais très superficielles. La plupart des séquences sont vaines et relèvent du remplissage , d'où mon ennui. NOTE:2/10

mercredi 5 août 2015

LA FEMME DE COMPAGNIE de Anja Marquardt avec Brooke Bloom (USA)



Je n'ai guère aimé le film. Le sujet: une jolie jeune femme qui prépare un master de psychologie travaille comme assistante sentimentale et sexuelle auprès de jeunes hommes pathologiquement inhibés avec les femmes. Je trouve que tout est mal rendu. La solitude urbaine et affective est abordée trop superficiellement, la réalisation est très plate avec des séquences redondantes interminables qui m'ont procuré un ennui mortel , les personnages sont mal définis et plusieurs éléments sont confus. Mais surtout la relation entre cette psychologue et ses patients (en réalité il n'y en a qu'un , le jeune anesthésiste ) est du grand n'importe quoi ( la psychologue devient prostituée pour la bonne cause de la thérapie et, ô surprise, cela se finit très mal ) . En fait, il m'a semblé que celle qui était névrosée et à soigner , c'était la psychologue elle-même. Je ne comprends pas le propos de la réalisatrice. NOTE: 2/10

mardi 4 août 2015

LENA de Jan Schomburg avec Maria Schrader (ALLEMAGNE)

Frappée brutalement d'un accident cérébral, une femme devient amnésique, elle ne sait plus qui elle était et ne reconnait plus ses proches, en particulier son mari . Le film m'a intéressée d'un bout à l'autre et m'a souvent émue . Par exemple la scène des "retrouvailles" avec sa (fausse) mère est bouleversante et j'aime beaucoup la rencontre avec l'amant éphémère . Pourtant j'en suis sortie un peu déçue car le propos ne dépasse pas le stade de la reconstitution de soi de l'amnésique à l'aide des documents (carnet intime, photographies) dont elle dispose pour s'informer sur ce qu'elle a été. J'avais cru qu'une fois qu'elle se serait recomposée, elle ferait voler en éclats son identité au lieu de se la réapproprier avec mimétisme. Je pensais qu'elle chercherait à être une autre puisque sa maladie a fait le vide et a donné un terrain vierge qui autorise tous les possibles. Or elle se conforme à tout ce qu'elle réapprend avoir été , ce qui limite beaucoup le sujet et le fait stagner assez lourdement. Je regrette que les audaces de cette femme qui fut brillante ne soient pas de véritables audaces mais uniquement des conséquences naïves et presque comiques de son amnésie (par exemple son aventure avec Roman) . Finalement ce film partait d'une idée originale et aboutit à une fin conformiste où Lena retrouve son rôle d'intellectuelle et d'épouse alors que son accident cérébral aurait pu créer , sur le plan romanesque, une faille pour évacuer les faux-semblants . En outre, le cinéaste centre trop le film sur son interprète féminine à qui il demande une sorte de panoplie de tous ses talents (Lena chante, Lena s'étonne, Lena pleure etc...) NOTE: 4/10

samedi 1 août 2015

UMRIKA de Prashant Nair avec Suraj Sharma, Tony Revolori. (INDE)

Un jeune Indien de famille modeste quitte son village de campagne , ses parents illettrés et son petit frère pour partir en Amérique. Ses lettres candides illustrées de photographies où il raconte sa vie sur la terre promise constituent l'évènement du village, elles sont le réconfort et la fierté de sa mère. Mais son petit frère grandit et découvre que ces lettres sont fausses, rédigées par l'instituteur du village pour consoler la famille à qui l'aîné n'a jamais donné de nouvelles. Le cadet part alors à la recherche de son frère...qui n'est pas bien loin. Le film, qui se situe à l'époque de la mort d'Indira Gandhi, développe l'image fantasmée de la réussite que représente le rêve américain pour les Indiens pauvres d'une campagne archaïque. La première partie sur l'émerveillement naïf de la lecture collective des lettres est émouvante et dépasse le cadre de l'Inde rurale. Mais lorsque le jeune frère découvre la supercherie et part à la recherche de l'aîné dans la grande ville voisine, le film perd de son intérêt. Le scénario devient indigent et insignifiant, la réalisation est plate , sans rythme dramatique, les scènes répétitives traînent en longueur et le ton mélodramatique des retrouvailles entre les deux frères est assez mièvre et convenu. Bref, le cinéma indien a donné récemment des films modernes plus originaux et plus palpitants! NOTE:2/10