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février 2015

dimanche 15 février 2015

SNOW THERAPY de Ruben Östlund (SUEDE)

Snow therapy est un superbe film, intelligent, original et très habilement construit, qui présente des scènes de la vie conjugale dans un hôtel de haute montagne, où une famille suédoise est venue skier. Ce qui devait être des vacances insouciantes, un break dans le travail accaparant du mari esclave de son i-phone, se transforme en psychodrame éprouvant suite à une avalanche qui sert de catalyseur aux griefs et à la mésentente sous-jacente de ce couple uni en apparence . Comme une simple phrase dite dans Pour un oui pour un non de Nathalie Sarraute, un incident anodin va permettre au cinéaste de développer une analyse psychologique d'une lucidité implacable qui dissèque le fonctionnement de la famille. Le film mêle l'absurde, l'humour corrosif et le drame. L'image stéréotypée du couple heureux et l'harmonie immaculée de la famille volent en éclats, déstabilisées par l'avalanche de neige. Le rôle traditionnel de l'homme héros protecteur est anéanti , à l'image du danger qui fait soudain irruption au coeur de la blancheur d'un décor féérique. Le film suit la chronologie de cette destruction familiale programmée au fil des jours du séjour à la montagne, qui forment les chapitres du film. Le décor des Alpes est splendide, tour à tour lumineux et inquiétant, comme cet hôtel isolé qui devient pour le couple le huis clos névrotique de Shining. Les personnages secondaires sont très intéressants car ils sont contraints d'intervenir dans le drame du couple central , et leurs propres relations en sont remises en question. Il y a les enfants terrifiés d'être abandonnés ou agressifs, des silhouettes pittoresques comme l'homme de ménage, témoin muet des disputes, ou la touriste sexuellement libre sur laquelle la peur n'a pas d'emprise (elle reste seule dans l'autocar à la fin) . Le film n'est pas manichéen car si , dans un premier temps, l'homme fait figure de lâche lamentable , la femme apparaît ensuite comme telle dans l'autocar . C'est un film très profond et insidieux sur ce que révèlent nos peurs irrationnelles. NOTE: 9/10

MON FILS d'Eran Riklisavec Yaël Abecassis (ISRAEL)

D'Eran Riklis , j'avais tant aimé La fiancée syrienne et Les Citronniers. Le cinéma israélien me semble l'un des plus riches et des plus diversifiés que l'on puisse voir actuellement et je trouve toujours de l'intérêt à ces films humanistes. Mon Fils fait partie des films qui ont une âme , qui font l'éloge de la tolérance et tendent vers la réconciliation apaisée . Il suit l'adolescence d'un jeune Arabe qui est admis à poursuivre ses études, cas exceptionnel, dans un établissement israélien réputé de Jérusalem , ses difficultés d'intégration, sa relation clandestine avec une jeune juive et son amitié dévouée pour un jeune israélien gravement malade . Cette chronique d'une jeunesse n'aurait rien de particulier si elle ne s'immergeait pas dans les tensions toujours problématiques des communautés ennemies de cette partie du monde où les relations humaines, pourtant profondes et bienveillantes, ont beaucoup de mal à se tisser sans déchirement. NOTE: 5/10

IL EST DIFFICILE D'ETRE UN DIEU d' Alexeï Guerman (RUSSIE)

J'ai trouvé très éprouvantes et hermétiques les 3h déroutantes d'Il est difficile d'être un dieu . Malgré une superbe utilisation du noir et blanc et une inventivité constante des plans, ce chaos barbare et absurde , qui ressemble à une descente aux enfers à la Jérôme Bosch ou à une nef des fous de freaks en armures perpétuellement englués dans la gadoue, ne m'a pas convaincue. J'ai vite été lassée jusqu'à la nausée par cet interminable déferlement répétitif de tortures , de pendaisons, de vomissements, de scènes scatologiques où les personnages se barbouillent le visage d'excréments, de boues et de bouses en tous genres, de matières fécales qui tombent du ciel, de boyaux exhibés. Je n'en ai pas perçu la finalité, si ce n'est de montrer la régression de l'humanité aux instincts les plus primitifs dans un monde bestial (très beau bestiaire d'ailleurs omniprésent) sans sacré et sans pensée (les intellectuels et les artistes sont exécutés) . Je n'ai pas lu l'oeuvre russe dont le film est tiré, et, malgré quelques illuminations, je suis restée bien perplexe devant cette succession d'images fantasmagoriques, incapable de suivre ce que marmonnaient les personnages. NOTE: 2/10