Mes Films

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janvier 2015

vendredi 23 janvier 2015

LES NOUVEAUX SAUVAGES de Damián Szifron avec Ricardo Darín (ARGENTINE)

Ce film argentin présente plusieurs sketches sur le thème de la vengeance, contre un individu ou contre la collectivité sociale. Le terme de sauvage s'applique à première vue à celui qui s'acharne à se venger de façon cruelle (meurtres sanglants) ou explosive (crash aérien, bombe) mais aussi aux comportements irrespectueux plus insidieux qui ont provoqué cette résurgence de la barbarie primitive. Ce dernier aspect donne lieu à une observation très pessimiste de la société actuelle, toujours conflictuelle , absurde et implacable, où l'humain est méprisé ou même nié. Rien de comique dans ces sketches alarmants qui reposent sur la surenchère ou l'outrance et se terminent en jeux de massacre brutaux. Si le cinéaste réussit à capter l'attention par une atmosphère particulière à chaque début d'histoire , les procédés deviennent ensuite répétitifs et exagérés, d'un grotesque dépourvu de toute finesse. NOTE: 1/10

samedi 17 janvier 2015

LOIN DES HOMMES de David Oelhoffen avec Viggo Mortensen, Reda Kateb. (FRANCE)


 1954, Atlas algérien. Un instituteur français d'origine espagnole est chargé contre son gré de livrer à la justice française de la ville la plus proche un jeune algérien accusé du meurtre de son cousin. Les deux hommes cheminent en silence à travers les montagnes rocailleuses...Tout est ici résumé, mais ce film contemplatif prend son ampleur dans les paysages arides d'une splendeur ineffable où explosent çà et là les violences de la guérilla , contraste saisissant qui rend cette guerre tragiquement absurde, quand les amis chaleureux d'hier deviennent désormais les ennemis à abattre. Ce film intense, accompagné d'une musique qui le magnifie, épouse le cheminement fraternel de ces deux hommes en marge des hommes , marche rude qui tisse entre eux un imperceptible lien moral et affectif de confiance et d'estime . Tiré d'une nouvelle de Camus, le film interroge sur des choix essentiels de l'existence et exprime simplement les valeurs humanistes de cet écrivain de la tolérance, à la fois désespéré et viscéralement libre , ancré dans un pays déchiré, et qui aimait la vie par-dessus tout. Viggo Mortensen est extraordinaire. C'est un film à voir absolument , en particulier par ses résonances actuelles . __NOTE:8/10__

mercredi 14 janvier 2015

BEBE TIGRE de Cyprien Vial (FRANCE)

Bébé tigre , premier film de Cyprien Vial , est un film social attachant mais qui n’a pas un style original. Le fond est intéressant mais son traitement formel m’a semblé conventionnel. Il nous invite à suivre Many, un adolescent venu seul du Penjab illégalement en Seine-Saint-Denis, par l’intermédiaire d’un passeur d’origine indienne qui le maintient dans l’illégalité en l’obligeant à travailler au noir dans le bâtiment. Par ailleurs, Many est un excellent élève qui voudrait obtenir la nationalité française et devenir ingénieur. Il est hébergé dans une famille d’accueil qui ignore ses activités clandestines, lesquelles lui permettent d’envoyer de l’argent à sa famille en Inde. Le film a un aspect documentaire sur cette communauté indienne d’adolescents mineurs isolés dépendants de leur passeur qui vit de ce trafic . Il montre aussi les pressions psychologiques que subit Many, non seulement de son protecteur, mais aussi de sa famille d’origine qui lui réclame continuellement de l’argent , et de sa famille d’accueil qui cherche à éviter qu’il ne tombe dans la délinquance . L’adolescent et ses compagnons d’infortune perdus et résignés sont filmés avec douceur et empathie , le film évite la violence au profit d’une observation sociale amère qui sonne juste . Cette vérité des situations nous touche mais je préfère les films qui transcendent le réalisme social par une recherche artistique plus singulière. Comme tout récit d’initiation sur l’adolescence , le film inclut aussi une histoire d’amour, pleine de bons sentiments, qui m’a paru bien mièvre . Il n’y a guère de films sur l’immigration clandestine des jeunes Indiens en France mais l’analyse des difficultés auxquelles les étrangers sont confrontés pour s’intégrer a déjà été vue dans de nombreux films ( j’aime assez , sur le ton de la comédie, Samba) NOTE: 3/10

mardi 13 janvier 2015

HARD DAY de Kim Seong-hun (COREE)

Un policier se rendant en toute hâte à l'enterrement de sa mère alors qu'il fait nuit a un accident de voiture . Il trouve un homme mort sur la route (l'a-t-il tué ?) . Il prend la fuite avec le cadavre qu'il cache dans le cercueil de sa mère. Mais il y avait un témoin... Après un début assez haletant et surprenant jouant sur l'humour noir,Hard day faiblit. Le réalisateur accumule les rebondissements loufoques dans une intrigue macabre à la manière des frères Coen, mais ils sont trop répétitifs pour faire leur effet. Le scénario reprend les thèmes habituels de ce genre de films noirs et corrosifs: corruption de la police et trafic de drogue. Le mélange de burlesque et d'horreur ne se fait pas aussi intelligemment que chez les Coen car le film s'engouffre dans une surenchère de longues scènes de violence gratuite. Les personnages et les acteurs qui les incarnent manquent de subtilité. Bref , on décroche assez vite. NOTE:3/10

jeudi 8 janvier 2015

CAPTIVES d'Atom Egoyan (CANADA)

Le sujet de Captives est peu original mais la réalisation d’Egoyan se révèle éblouissante. A partir de l’enlèvement et de la séquestration d’une fillette, le réalisateur élabore une enquête dont la progression rationnelle vole en éclats grâce à une narration disloquée qui brise tout repère chronologique. Le film donne à voir les fragments d’un puzzle angoissant , à l’image du bouleversement affectif du couple parental que ce drame désagrège. Egoyan en accentue le vertige par les effets de miroirs qui dédoublent les personnages , les écrans qui donnent l’illusion de leur présence , la mise en abyme de l'histoire principale à travers la trame de la relation entre le détective et la policière , et l’utilisation hypnotique des contrastes de couleurs, en particulier lors de l’enlèvement de cette policière à la robe d’un rouge flamboyant sur fond de neige à perte de vue . Le décor hivernal des chutes du Niagara recouvertes d’un épais linceul neigeux confère une ampleur somptueuse et tragique à la disparition déchirante de l’enfant qui, au lieu d’unir ses parents dans la douleur fait exploser leurs liens. La mère se replie dans un désespoir indicible dont le cinéaste filme des détails poignants et accable de culpabilité le père . Le film ne repose pas vraiment sur l’élucidation de la disparition (on sait vite où est l’enfant) mais sur ce qu’elle catalyse chez les personnages . J’ai toutefois trouvé complètement ratées les scènes de séquestration et surtout l’interprétation du psychopathe, plus caricaturale qu’inquiétante. NOTE: 7/10

samedi 3 janvier 2015

MON AMIE VICTORIA de Jean-Paul Civeyrac avec Guslagie Malanda (FRANCE)

Ai-je vu un film? J'ai surtout eu l'impression d'écouter un livre audio en regardant se dérouler les chapitres de cette adaptation très littéraire d'un roman de Doris Lessing saturée par la voix off de la narratrice. Quelques images illustrent le texte omniprésent sans rien lui apporter de significatif . Il n'y a pas de mise en scène. A travers une fade histoire d'amour , le film traite à coup de stéréotypes parfois ridicules du fossé social entre une jeune femme noire modeste et une riche famille bourgeoise, blanche évidemment, présentée comme sans préjugés raciaux manifestes mais les dissimulant insidieusement.IL y a inévitablement l' appartement parisien somptueux et le logement minuscule , de brillantes situations professionnelles et de petits boulots précaires etc...On subit avec ennui et consternation le déroulement de la liste prévue. La partie la plus intéressante est vers la fin, quand la jeune femme assiste impuissante à l'appropriation de sa petite fille par cette famille pleine de fausses bonnes intentions. Le personnage de Victoria est un cliché à lui seul, la très jolie noire gentille , docile et discrète . Elle n'est que silence tandis que son amie, qui raconte son histoire, n'est que logorrhée . Cette réalisation insipide et conventionnelle est bien décevante car le sujet traité avec finesse aurait pu produire un film très subtil. NOTE:2/10

vendredi 2 janvier 2015

PASOLINI d'Abel Ferrara avec Willem Dafoe , Ninetto Davoli (USA)

Je suis assez déconcertée et peu convaincue par l’hommage de Ferrara à Pasolini. La grande qualité du film est de ne pas faire un biopic classique sur un cinéaste si anticonformiste, mais une sorte de vie rêvée qui amalgame étroitement réalité et fiction. Ferrara choisit de raconter, sous la forme éclatée et souvent fantasmatique d’un kaléidoscope lumineux d’ images hétéroclites, la journée qui précède l’assassinat terrible de Pasolini sur la plage d’Ostie, aux environs de Rome, en compagnie d’un ragazzo d’un soir. L’ensemble est très confus car Ferrara mêle une multitude d’éléments dans lesquels on se perd : la fiction rêvée des derniers textes que Pasolini est en train d’écrire, des scènes de la vie quotidienne avec ses proches (sa mère adorée, son amie l’actrice Laura Betti ) des scènes de rue filmées comme des repérages avec de jeunes prostitués (séquences très réussies) quelques images érotiques assez crues , des interviews pour la presse au moment de la sortie de Salo dont on voit quelques extraits …et surtout, ce qui est le moins compréhensible mais qui occupe une place très importante ,la réalisation - plutôt lourde - par Ferrara lui-même d’une partie du dernier projet cinématographique de Pasolini Porno-Teo-kolossal qui raconte la poursuite par le roi mage Epifanio et son jeune acolyte d’une comète qui annonce la naissance du Messie. Si on ne connait pas ce projet inabouti, on ne peut pas suivre le fil du film. Le style assez grotesque de ces séquences avec le retour de Ninetto Davoli qui joua dans Uccellacci e Uccellini contraste avec le fait divers tragique très médiatisé que fut la mort de Pasolini . Celle-ci , accompagnée de la Passion selon Saint Matthieu de Bach donne d’emblée une fatale aura funèbre à tout le film qui est évidemment la marche vers la mort d'un artiste qui annonçait le déclin du monde . L’ hétérogénéité maladroite du film se retrouve au niveau des langues utilisées , un mélange injustifié d’anglais dominant (la mère de Pasolini parle anglais !)et d’italien, parfois dialectal avec les jeunes garçons . Le propos de Ferrara est assez difficile à cerner et je ne suis pas certaine que ce film inévitablement subjectif et sélectif rende bien compte de l’importance de l'œuvre et de la pensée de Pasolini . Mais Willem Dafoe est impressionnant! NOTE: 4/10

jeudi 1 janvier 2015

A MOST VIOLENT YEAR de J.C. Chandor avec Oscar Isaac et Jessica Chastain (USA)

Le film dresse le portrait d’un jeune ambitieux de New York , qui ne redoute qu’une seule chose dans la vie : l’échec. D'un milieu modeste , cet ancien chauffeur de camion immigré, mari d’une blonde américaine qui aime l’ aisance matérielle, a réussi son ascension sociale en montant sa propre entreprise de camions de pétrole et veut à tout prix (au sens propre) acquérir un entrepôt dont la position stratégique devrait accroître sa fortune. Mais il se heurte à la mafia de ce milieu et aux concurrents qui veulent régler leurs comptes dans tous les sens du terme . Le portrait de cet arriviste qui oscille entre désir d’intégrité et penchant pour les compromis malhonnêtes est la partie la plus intéressante d’un film sur la corruption qui se voit avec plaisir mais qui manque de brio, de souffle et d’envergure . Il privilégie les transactions financières à l’action policière. Son meilleur ressort dramatique est l’ opposition impitoyable entre la réussite chanceuse du protagoniste et l’échec tragique d’un de ses jeunes employés. Le film a de nombreux défauts : un manque d’originalité et de rythme, la fadeur de l’épouse jouée par Jessica Chastain qu’on aurait voulu bien plus machiavélique, des rôles secondaires mal identifiés , mais surtout un étrange parti pris qui consiste à éclairer très faiblement (par économie ?) toutes les séquences, qui baignent donc constamment dans une semi-obscurité même de jour (j'ai cru à une défaillance du projecteur!) Bref , le film est loin d'avoir la puissance de There will be blood avec Daniel Day-Lewis, qui m'avait impressionnée. NOTE: 4/10