Mes Films

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décembre 2014

lundi 29 décembre 2014

COMING HOME de Zhang Yimou avec Gong Li (CHINE)

Zhang Yimou et Gong Li sont de retour dans un beau mélodrame intimiste et sentimental sur fond historique de fin de Révolution Culturelle maoïste .Prisonnier politique pendant vingt ans, Lu Hanshi réussit à s’enfuir pour retrouver sa femme et sa fille. Mais son épouse devenue amnésique continue à attendre le retour de son mari bien-aimé…qui est près d’elle mais qu’elle ne reconnaît pas. Le film a un charme suranné, un rythme lent mais aussi de superbes images mélancoliques. La toile de fond historique propose une intéressante évocation de la fin du régime de Mao mais l’histoire d’amour , tout en étant très émouvante, joue excessivement sur la corde sensible au point d’en devenir larmoyante, voire lacrymale car les regards sont perpétuellement embués de larmes quand les pleurs ne coulent pas à flot . Si l’on se laisse toucher par tant de sentiments pathétiques , on aura plaisir à suivre cette méditation sur les ravages irréversibles du temps et de l’Histoire et sur l’incapacité de retrouver au présent le bonheur perdu . Pour moi revoir cette immense actrice qu’est Gong Li suffit à mon bonheur de cinéphile ! NOTE: 6/10

vendredi 26 décembre 2014

CHARLIE'S COUNTRY de Rolf De Heer avec David Gulpilil (AUSTRALIE)

Charlie's country est un hommage du cinéaste à son ami , l’acteur aborigène australien David Gulpilil , dont le visage extraordinaire, longuement filmé, résume tout le drame d’un peuple sacrifié . Le film est original et contemplatif mais inégal et assez hybride. Il dresse tout d’abord le constat terrible de l'extinction des aborigènes, marginalisés et même clochardisés dans la société australienne où ils n’ont ni maison ni travail. Pauvres hères déracinés , ils se réfugient dans les buissons des abords des grandes villes (ici Darwin) où ils campent en s’anéantissant dans l’alcool . Le film constate avec pessimisme leur impossible survie , que ce soit dans la société moderne ou dans leur forêt ancestrale. Des séquences sublimes montrent Charlie qui revient à la vie sauvage en pleine brousse , mais le retour aux origines est désormais impossible . La terre mère n’est plus protectrice , des pluies diluviennes s’abattent sur l’abri précaire de Charlie qui n’a plus que les os et la peau et qui frôle la mort. Le film devient ensuite trop démonstratif dans les séquences de prison qui veulent rappeler l’esclavage par les tâches routinières et les plans répétitifs des barbelés et des barreaux. J'aurais aimé que la séquence de danse traditionnelle finale soit plus enlevée. Je suis allée en Nouvelle-Calédonie et c'est un peu la triste image que j'ai eu des Kanaks. NOTE: 5/10

mercredi 24 décembre 2014

IN THE FAMILY de Patrick Wang avec Patrick Wang (USA)

Même si le propos du film m'a intéressée, mon excellente impression sur la qualité de sa réalisation au départ n'a cessé de s'altérer au fil de ces 2h49. La première partie de cette chronique familiale atypique est très réussie. Un homme perd brutalement son compagnon dans un accident après six ans de vie commune, et le fils du défunt, qu'il élevait comme son propre enfant, lui est retiré par la famille de son ami qui , du jour au lendemain, rompt tout contact avec lui et le traite en étranger (au double sens du terme car il est d'origine chinoise) . Cette partie sur le deuil et l'exclusion au quotidien ressentis par l'exclu , est admirablement maîtrisée, toute en retenue, très subtile, avec l'intériorisation des sentiments qui n'en sont que plus poignants. Tout effet spectaculaire est banni aussi bien concernant l'accident que l'enterrement traités par ellipses. Délicatement , par moments, ressurgissent pour l'homme blessé qui reste très digne, quelques souvenirs heureux de la vie de couple ... Puis celui-ci se lance dans une bataille juridique pour obtenir la garde du fils de son compagnon , non en s'appuyant sur le droit (le testament du défunt l'attribue à sa propre soeur) mais sur les bons sentiments , les belles intentions et la compassion d'autrui face à sa noblesse d'âme désintéressée . Quel coeur de pierre pourrait résister à un tel déferlement d'amour paternel de la part d'un homme dont on apprend qu'il était orphelin? Le film devient alors très mélodramatique et perd son style original au profit de discours qui jouent uniquement sur l'empathie . Il plaide pour le droit du compagnon dans les couples parentaux homosexuels , ce qui est évidemment important à défendre, mais il ne le fait pas de façon convaincante puisqu'il ne s'appuie que sur l'émotion . Le tout se termine en happy end de réconciliations lacrymales dont on se réjouit pour notre personnage mais qui donne une fin morale bien conventionnelle à un film indépendant qui se voudrait en marge du système commercial. NOTE: 5/10

lundi 22 décembre 2014

TIMBUKTU de Abderrahmane Sissako (MAURITANIE)

Le film montre la ville de Tombouctou au Mali tombant sous le joug des extrémistes religieux et toutes les mesures de répression qui s'en suivent ainsi que tous les interdits les plus arbitraires appliqués avec une implacable intolérance: interdiction de faire et d'écouter de la musique, interdiction de jouer au football , mais surtout de multiples interdictions pour les femmes comme celle de montrer ses cheveux, de servir du poisson mains nues etc... Non loin de là un couple de nomades et leur petite fille mènent une vie simple et paisible sous leur tente dans les dunes, jusqu'à ce que la violence les frappe eux aussi dans une altercation tragique avec un pêcheur local... Le film est d'une infinie beauté et terriblement déchirant. Le ton est plus celui du constat absurde et désespéré que de la dénonciation, mais tout ce qui est observé (comme la lapidation d'un couple et les exécutions sommaires) parle de l'horreur vécue quand règne le fanatisme et que nul n'est épargné. Ce film contemplatif qui déroule d'immenses paysages splendides a des moments de pure grâce comme lorsque les jeunes, pour détourner l'interdiction de jouer au football, entreprennent un match avec un ballon invisible .Cette séquence magique, tournée comme une chorégraphie silencieuse, prouve admirablement la force de la liberté et de l'esprit contre toutes les dictatures. Le film évite le manichéisme car il confronte les fanatiques religieux à la sagesse de l'imam de la mosquée, qui , avec une foi sincère, prône l'amour et le respect. NOTE: 7/10

NIGHT CALL de Dan Gilroy avec Jake Gyllenhaal (USA)

Après avoir perdu son travail, un jeune arriviste comprend soudain comment il peut gagner beaucoup d'argent et devenir vite célèbre: en faisant la chasse la nuit aux images choc des accidents les plus atroces qui surviennent à Los Angeles, sans aucun état d'âme, afin de les vendre à une chaine de télévision qui fait son audience sur les reportages à sensation les plus gores. Le film implacable est réalisé avec une virtuosité impressionnante , presque entièrement tourné de nuit avec des images extraordinaires des lumières de Los Angeles. Le rythme est haletant et l'observation de l'exploitation cynique de l'horreur est impitoyable. C'est un chef d'oeuvre de film d'action, mais aussi une dénonciation cinglante des médias à sensations et le portrait vertigineux d'un jeune ambitieux prêt à vendre son âme au diable, que Jake Gyllenhaal incarne avec une intensité troublante. NOTE: 8/10

LA FRENCH de Cedric Jimenez avec Jean Dujardin (FRANCE)

Le film retrace la vie tragique du juge Michel et sa lutte acharnée contre les trafiquants de drogue à Marseille.La réalisation cinématographique est très mauvaise, c'est filmé sans finesse , sans âme, sans style et sans art , c'est lourd , laborieux et très conventionnel ... les règlements de comptes dans le milieu marseillais de la drogue apportent un peu d'action , qui nous maintient en alerte, mais c'est tout . NOTE: 1/10

UNE BELLE JEUNESSE de Jaime Rosales (ESPAGNE)

Le film espagnol Une belle jeunesse porte un titre bien amer.C'est un "petit" film modeste mais il m'a intéressée d'un bout à l'autre car j'ai trouvé qu'il rendait compte du chômage des jeunes en Espagne avec un ton vrai . Par son aspect social comme pris sur le vif et une multitude de détails du quotidien , le film pourrait sembler être un documentaire mais c'est une fiction moderne (intégrant des écrans de smartphone ) qui sonne toujours juste et qui est alarmante sur la crise générale de l'emploi en Espagne et l'avenir précaire auquel est confronté un jeune couple assez attachant avec un bébé . NOTE:5/10

MR TURNER de Mike Leigh avec Timothy Spall (GRANDE-BRETAGNE)

J'ai trouvé le film plutôt décevant malgré des qualités. J'ai énormément aimé la reconstitution d'époque, des séquences purement splendides avec des plans extraordinaires dignes des tableaux du maître , j'ai été très touchée par ces passages où la grotesque gargouille (Turner se définit ainsi) laisse paraître une infinie délicatesse de l'âme...mais je trouve le film trop long, parfois bien lourd et académique, avec quelques scènes d'un ennui mortel . Je n'aime pas le pathétique appuyé de la dévouée servante flaubertienne , les discussions stériles entre peintres rivaux ni l'interminable agonie de Turner . Je suis partagée aussi sur la composition de Timothy Spall , impressionnante mais un peu cabotine dans les grognements et borborygmes . Bref, ce film n'éclaire pas vraiment l'art du peintre, il reste au niveau d'un quotidien assez trivial. NOTE: 3/10

LE TEMPS DES AVEUX de Régis WARGNIER avec Raphaël Personnaz ( FRANCE)

Le temps des aveux relate l'histoire vraie (c'est l'adaptation de son autobiographie) d'un ethnologue français travaillant au Cambodge, marié à une Cambodgienne , qui fut prisonnier des Khmers rouges dans les années 70, torturé puis libéré par son geôlier, et l'évacuation de l'ambassade française de Phnom Penh . Le sujet est intéressant mais le film est très plat. Je n'ai malheureusement pas vu les documentaires tournés par Rithy Panh mais je les crois bien plus saisissants. Le film de Wargnier propose plus une escapade touristique dépaysante à travers la jungle et les vestiges archéologiques du Cambodge qu'une reconstitution des massacres commis par les Khmers. Le film piétine à cause d'un scénario stagnant (on contemple longuement Personnaz enchaîné) , d'une voix off narrative et d'une restitution très soft de l'embrigadement et de la barbarie khmers. Les personnage sont falots, complètement insignifiants, même Douch, l'un des principaux responsables du génocide qui commandait la prison S21 où furent exécutés des milliers de cambodgiens . Le face à face entre Douch et son ancienne victime a l'allure d'une conversation courtoise. La mise en scène n'a aucun relief, aucune conviction , tout est édulcoré. Les acteurs sont souvent peu crédibles, y compris Olivier Gourmet à l'ambassade de Phnom Penh. J'avais trouvé plus convaincant Les voies du destin avec Colin Firth qui n'était pas un chef d'œuvre, mais le personnage de prisonnier écossais torturé par un bourreau japonais , les séquelles qui hantaient la victime et la confrontation avec son tortionnaire étaient exposés avec beaucoup plus d'ambiguïté et d'intensité. NOTE: 3/10

vendredi 19 décembre 2014

TERRE BATTUE de Stéphane Demoustier avec Olivier Gourmet et Valeria Bruni-Tedeschi (FRANCE)

Terre battue n'est pas ennuyeux à voir mais n'a aucun style et ne correspond pas exactement à ce qu'il prétend être. Le film présente le portrait d'un quinquagénaire qui se retrouve brutalement en échec professionnel et affectif, puisqu'il perd son travail et que sa femme le quitte. Ce personnage, incarné par Olivier Gourmet, qui essaie de rester combatif dans sa recherche d'emploi mais dont tous les projets tombent à l'eau, forme la partie la plus intéressante du film , regard sur la société actuelle qui sonne juste . Mais le scénario est censé présenter (ce devait être l'originalité de l'histoire) parallèlement à ce déclin, l'ascension fulgurante de son jeune fils dans le monde du tennis . Cette deuxième partie est nettement moins convaincante parce que le tennisman en herbe manque de charisme (le gamin est inexpressif et même plutôt antipathique) et que les parties de tennis sont insignifiantes. Les rôles secondaires sont très négligés comme celui de l'épouse (même si Valeria Bruni-Tedeschi essaie d’insuffler sa sensibilité à ce personnage trop épisodique), dont on ne sait pourquoi elle annonce subitement qu'elle s'en va . La virée de nuit bien arrosée du père avec un copain, accompagnée d'une vieille chanson d'Alain Souchon, intègre une digression lourde et sans intérêt sur son immaturité . Le dénouement est assez abrupt et peu crédible. Je n'avais pas une mauvaise impression en sortant du film, mais là je lui décèle bien des défauts! NOTE: 3/10