Mes Films

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mercredi 30 août 2017

UNE FEMME DOUCE de Sergei Loznitsa (Russie-Ukraine)

Russie de nos jours. Une jeune femme a voulu faire parvenir un colis à son mari emprisonné mais il lui a été retourné. Elle se déplace à la prison mais le paquet est refusé sans explication au guichet de contrôle. Dès lors, la jeune femme multiplie les tentatives, vaines, pour entrer en contact avec son mari. Le film commence de façon kafkaïenne par la confrontation d'une femme modeste, anonyme, seule et démunie à l'absurdité du système administratif implacable. Mais, dans son parcours du combattant, la jeune femme rencontre une multitude de personnages marginaux et grotesques, qui représentent la misère accablante dans l'actuelle Russie. Ils noient leur désespoir dans l'alcool et la prostitution. Le cinéaste brosse un tableau social terrible de l'abandon et de la pauvreté, mais d'une lourdeur accablante. Le constat du film , interminable, ennuyeux et plombant, n'est pas d'un pessimisme nouveau. Vers la fin, l'héroïne épuisée par sa lutte s'endort et rêve dans la salle d'attente d'une gare , et elle est emportée dans un monde onirique qui préfigure symboliquement sa mort: cette seule séquence a des images magnifiques. Mais, malgré son titre, le film n'a aucun rapport avec la nouvelle de Dostoïevski , cette femme n'est pas douce mais mutique, traversant les bas-fonds avec dignité, un beau visage douloureux et fermé. NOTE: 2/10

mardi 29 août 2017

120 BATTEMENTS PAR MINUTE de Robin Campillo (France)

Le film retrace les actions collectives d'Act Up dans les années 90 contre les laboratoires pharmaceutiques et les hommes politiques pour sensibiliser le gouvernement et l'opinion publique à la nécessité urgente de prendre en considération les séropositifs et de procurer un vrai traitement médical aux malades du Sida. Campillo opte pour le style documentaire dans cette première partie en reconstituant (assez vaguement) l'historique de ce mouvement engagé , avec ses actions percutantes, ses assemblées générales, son fonctionnement interne . Il fait aussi le point sur les rares traitements, aléatoires, à la disposition des séropositifs. Cette partie est trop longuement développée , et filmée sans style, insistant lourdement sur les débats houleux et les prises de parole interminables et répétitives des membres d'Act Up. Ces discussions véhémentes et chaotiques alternent avec des scènes stéréotypées de danse en boite de nuit. Le groupe est privilégié sans que ceux qui le constituent ne soient bien individualisés (quelle est l'histoire personnelle de chacun? ) Puis Campillo suit la relation amoureuse entre deux membres du groupe jusqu'au décès du plus jeune d'entre eux. Cette histoire d'amour tragique est exposée de façon extrêmement complaisante dans l'émotion larmoyante qui accompagne l'agonie du jeune homme. La fin est assez incohérente et irrespectueuse. Bref un long film hybride qui s'égare en digressions dans le traitement de son sujet. On est très loin des témoignages poignants d'Hervé Guibert écrits à la même époque ("Le Protocole compassionnel" par exemple) ou du film intense de Dolan d'après la pièce de Lagarce "Juste la fin du monde". NOTE: 2/10

mercredi 23 août 2017

LES PROIES de Sofia Coppola avec Colin Farrell, Nicole Kidman, Kirsten Dunst (USA)

Durant la guerre de Sécession, les jeunes femmes d'un pensionnat recueillent et cachent un caporal ennemi gravement blessé. Elles le soignent, et toutes ces femmes privées d'amour , qui vivent entre elles en huis clos, sont irrésistiblement attirées par ce bel homme et rivalisent pour le séduire... La réalisatrice Sofia Coppola reprend le film de Don Siegel tourné avec Clint Eastwood en privilégiant la beauté raffinée de l'atmosphère. La scène d'ouverture, avec la découverte par une petite fille du soldat blessé dans les sous-bois, semble être une magnifique réécriture du Petit Chaperon rouge. Le début du film est fascinant car il nous introduit dans un monde mystérieux où très vite l'innocence (?) va être troublée par le mal/ le mâle. Le rituel harmonieux de ces femmes qui vivent paisiblement entre elles dans une sorte de temple sacré est rapidement perturbé par l'intrusion de cet homme qui devient vite l'objet de tous les désirs. La réalisatrice filme avec beaucoup de discrétion les projections amoureuses des femmes sur cet inconnu. Mais malheureusement , à force de privilégier la beauté du cérémonial dans des images très raffinées éclairées à la bougie, le film perd sa force et son audace. Il déçoit et l'on s'interroge sur l'opportunité de ce remake: qu'a voulu ajouter la cinéaste au film d'origine? Il aurait fallu que les désirs s'expriment de façon plus ardente, que l'on sente mieux la passion de ces femmes privées d'hommes, mais l'oeuvre aseptisée manque d'audace et de sensualité . Colin Farrell est trop effacé , sans le charisme d'Eastwood, au milieu de toutes ces ravissantes proies potentielles, fausses vierges candides qui s'offrent plus ou moins à lui, et le renversement des rôles n'a pas assez de violence perverse. C'est davantage un joli film élégant qu'un film machiavélique, alors que le sujet était là. NOTE: 5/10

dimanche 30 juillet 2017

SONG TO SONG de Terrence Malick avec Ryan Gosling, Michael Fassbender, Rooney Mara (USA)

Dans la ville d'Austin au Texas, le film raconte les relations amoureuses d'une jeune femme prise entre un jeune chanteur qui veut faire carrière et un imprésario cynique qui exploite l'artiste fragile, les deux hommes étant à la fois amis et rivaux. Le scénario n'est qu'un prétexte pour développer un long film qui explore un style cinématographique très particulier consistant à raconter cette histoire d'une façon très subjective par le point de vue sensoriel de la jeune femme. Le film est très littéraire par l'utilisation permanente de la voix off qui nous plonge dans sa conscience et nous exprime tous ses états d'âme relatifs à l'amour et à la nature dans une logorrhée qui ressemble à un journal intime poétique. Parallèlement la bande sonore est saturée de musiques hétéroclites qui s'enchainent dans une cacophonie épuisante à supporter. De plus l'utilisation de la caméra est très spéciale: elle balaie sans arrêt tout ce qu'elle voit , l'effleure, glisse dessus, tournoie pour rendre compte du regard de la jeune femme sur le monde qui l'entoure. La caméra ne se pose jamais et cela finit par donner le vertige. Le film n'est pas découpé en séquences mais la caméra mobile capte tout ce qui passe devant l'objectif en flottant continuellement pendant deux heures. D'abord intéressant le procédé devient vite lassant et même épuisant. De plus il aboutit au résultat inverse de ce qu'il recherche: il reste continuellement à la surface des choses, ce qui est particulièrement évident dans les scènes d'amour très soft et stéréotypées qui ressemblent à des clips pour des parfums ou des vêtements de mode. Le deuxième personnage féminin , joué par Natalie Portman n'a aucune consistance et la participation de vedettes comme Iggy Pop, Patti Smith ou Cate Blanchett n'apporte rien. L'objectif était sans doute de montrer, encore une fois (quel intérêt?) l'artifice de ce milieu superficiel du show business mais je n'ai pas été convaincue. NOTE: 4/10

ON THE MILKY ROAD d'Emir Kusturica avec lui-même et Monica Bellucci (SERBIE)

Pendant la guerre en Serbie , un village où il y a beaucoup d'animaux et quelques êtres humains singuliers . Parmi eux, un laitier bizarre et solitaire, qui semble un peu simplet et n'affectionne que la compagnie des animaux, déambule sur son âne et sous les balles, son ami faucon sur l'épaule pour ravitailler les soldats . Une belle italienne en fuite , menacée de mort, se réfugie là. Une vieille femme du village veut la marier à son fils , le frère du laitier, quand il reviendra de la guerre couvert de médailles. Mais le laitier est fou amoureux de la belle, elle n'est pas insensible,et pour éviter le mariage prévu, les amoureux s'enfuient... Quel bonheur de retrouver Kusturica et son cinéma si inventif! Son dernier film , plein d'aventures excentriques et de rebondissements romanesques m'a emportée encore une fois avec joie dans son univers burlesque! Kusturica filme avec une violence terrible l'horreur de la guerre mais il laisse tout de même place aux rêves candides d'amour fou . J'ai retrouvé ses personnages pittoresques et truculents , les musiques entrainantes qui font danser malgré le désespoir de la vie, son étonnant bestiaire qui foisonne ici de façon souvent symbolique (les bains de sang des blanches oies) et des séquences d'une beauté hallucinante, en particulier quand le couple d'amants prend la fuite à travers la nature! Il y a alors des paysages grandioses qui transforment cette fugue passionnée en épopée! Kusturica l'inspiré ose être fou et romantique, éperdument sentimental et si libre, hors des sentiers battus! NOTE:8/10

samedi 29 juillet 2017

LE JOUR D'APRES d'HONG Sang-soo avec Kim Min-hee (COREE)

Le directeur d'une petite maison d'édition trompe sa femme avec une jeune collaboratrice dont il est tombé très amoureux . Celle-ci le quitte parce qu'il est trop lâche pour choisir. Il engage une autre collaboratrice qui ressemble à la précédente, à laquelle il commence à faire des avances. Sa femme découvre une lettre d'amour lui prouvant l'infidélité de son mari, que celui-ci nie lâchement . L'épouse s'en prend alors violemment à la nouvelle collaboratrice qu'elle accuse d'être la maîtresse de son mari. Sur un scénario très habile dont l'ironie est traitée à la fois avec gravité et humour noir, le réalisateur coréen tourne un très beau film intimiste en noir et blanc, qui met en valeur la répétition inéluctable des schémas en filmant des situations similaires dans des séquences quasi identiques, à tel point que le spectateur confond très vite les deux collaboratrices interchangeables du triangle amoureux , la première jouée en finesse avec beaucoup de charme par la gracieuse Kim Min-hee. Le sujet central de ce film est la lâcheté masculine. Le thème n'est pas nouveau et aurait pu donner lieu à un marivaudage ou à une peinture pitoyable du menteur inconstant, mais le réalisateur traite ce trait de caractère, la lâcheté, comme un tourment profond. Toutes les femmes accusent l'homme du film d'être un lâche, le verdict est sans appel. Mais ce qui est impressionnant c'est la souffrance intérieure du personnage de se sentir si faible et de se savoir si lâche , de se mépriser, sans pouvoir être autrement, comme s'il s'agissait d'une malédiction torturante. La scène la plus impressionnante du film est quand il sanglote lui-même en hurlant et en se débattant sur sa propre lâcheté, cet homme assez vil en devient très émouvant . J'aime bien le procédé répétitif chez Hong Sang-soo qui consiste à filmer des scènes identiques en changeant simplement un angle de prise de vue ou un acteur, et à faire se déplacer les personnages dans un périmètre très étroit où ils font toujours les mêmes petits parcours. Ce procédé colle au thème abordé ici des mailles du filet de relations amoureuses inextricables dans lesquelles notre anti-héros s'emprisonne inlassablement malgré lui. NOTE: 8/10

DROLES D'OISEAUX d'Elise Girard avec Jean Sorel et Lolita Chammah (France)

Une jeune fille quitte la province pour s'installer à Paris. Gênée de partager l'intimité du petit appartement de sa soeur , elle trouve une chambre à louer gratuitement chez un vieux libraire solitaire qu'elle aide , en contrepartie, dans son travail . Malgré leur très grande différence d'âge, elle est fascinée par cet homme mystérieux, peu communicatif et blessé. Une amitié amoureuse impossible commence entre eux....Et l'histoire commence très bien avec ce beau thème et de très belles images du quartier latin, mais se développe très mal, sans véritable progression, par une succession de tableaux mal reliés entre eux dont l'incohérence détruit toute émotion. Cet amour impossible devrait être brûlant de l'intérieur mais il est figé et insensible, en partie aussi à cause de la froideur inexpressive des acteurs qui récitent un texte peu naturel. Les rôles secondaires sont inexistants, comme le personnage caricatural de la soeur . Très vite la relation entre les deux personnages est abandonnée au profit d'une histoire policière banale de règlements de comptes dans la mafia, qui n'a aucun intérêt. NOTE: 2/10

mercredi 26 juillet 2017

TOM OF FINLAND de Dome Karukoski (FINLANDE)

Le film retrace la vie de Touko Laaksonen (1920-1991) , dit "Tom of Finland" , devenu célèbre après la deuxième guerre mondiale dans la communauté gay pour ses dessins homosexuels d'hommes aux caractéristiques ultra viriles portant des tenues en cuir noir de policiers et de motards . Je ne connaissais pas cet artiste , dont les oeuvres ne me semblent pas d'une grande qualité artistique, mais dont la force réside ailleurs: dans l'affirmation de désirs alors réprimés par la société et la morale, dans l'identification commune qu'ils ont offerte aux homosexuels victimes de tabous et dans la revendication militante de la reconnaissance d'une communauté qui a pu grâce à eux se souder et s'épauler, d'abord dans la clandestinité, puis dans la liberté des moeurs en Califormie , et enfin jusqu'aux tragiques années de l'apparition du sida qui relaient très brutalement l'émancipation joyeuse. Le contraste est impressionnant à l'écran et l'apparition de la maladie fait renaître l'intolérance qui sévissait avant l'émancipation. Le film évoque d'abord les années traumatisantes de la guerre où la Finlande combat la Russie , Tom est alors officier dans l'armée et confronté durant cette période davantage à la mort qu'à l'amour qui se limite à de brèves rencontres nocturnes dans les parcs où il risque sa vie là aussi en raison de la répression des homosexuels (le film rappelle qu'ils furent déportés) . Cette première partie est très réussie. Puis l'après-guerre à Helsinki n'est pas épanouissante. Tom vit avec sa soeur qui ignore ses penchants et le reniera quand elle les découvrira, il dessine en secret, il doit se cacher pour aimer le jeune locataire de la maison, le trio qu'ils forment est traité de façon plus conventionnelle . Tom cherche alors un pays plus libre. L'épanouissement viendra en Californie où il sera accueilli en véritable icône de la communauté gay après y avoir fait circuler ses dessins. L'intérêt de cette biographie, instructive mais non didactique, assez sobre, dont les éclairages sont très beaux (beaucoup de scènes de nuit en raison de la clandestinité ) est de faire connaître ce dessinateur et plus largement de brosser une peinture de l'évolution des mentalités des années 40 à 80, et de mettre en lumière l'opposition entre l'Europe encore rétrograde et les USA précurseurs . Ce n'est pas un film militant mais humain, il n'est pas provocateur mais pudique et je ne sais si cette discrétion assez fade (il peut être vu par tout public) est une qualité qui évite la complaisance ou un défaut qui atténue la portée des dessins de Tom. Car il y a un écart surprenant entre l'érotisme des hommes que Tom imagine dans ses croquis et la vie quasiment monacale qu'il mène. C'est peut-être d'ailleurs parce qu'ils sont surtout fantasmatiques que ces croquis du désir ont une telle force. Le personnage est tout aussi contrasté: l'acteur sensible qui l'incarne est effacé et l'on est surpris de voir qu'il est accueilli en Californie comme un libérateur charismatique. NOTE: 5/10

dimanche 23 juillet 2017

LA REGION SAUVAGE d'Amat Ascalante (MEXIQUE)

Le film présente tout d'abord avec un style réaliste plat une famille mexicaine urbaine d'apparence banale mais à la sexualité erratique assez frustrée: l'épouse soumise sans plaisir aux pulsions de son mari macho qui est d'ailleurs beaucoup plus attiré par son beau- frère dont il méprise l'homosexualité tout en étant son amant secret, mais ce dernier veut mettre fin à leur relation par sentiment de culpabilité envers ses neveux . Déjà le film ne commence pas dans la finesse et la légèreté mais dans un imbroglio bien glauque! Par ailleurs, basculons un peu dans le fantastique: dans une région sauvage en pleine nature, un vieux couple étrange cache dans une cabane un énorme monstre à tentacules insatiable qui procure une jouissance intense et complète aux humains qui se livrent à lui dans une fusion qui n'est pas sans risque (il peut blesser physiquement) Une jeune fille ne peut s'empêcher de retourner régulièrement dans la cabane et elle va faire connaître la pieuvre extatique à l'épouse insatisfaite , au jeune gay puis au mari etc... Bref cette exploration psychanalytique est terriblement lourde, malsaine et démonstrative: la région sauvage c'est la nature où il n'y a pas de tabous contrairement à la société mexicaine et à ses interdits, et c'est l'épanouissement des pulsions et des fantasmes les plus enfouis avec la créature animale . Pour moi, impossible de surmonter d'emblée la répulsion de la gluante pieuvre géante qui me donne envie de m'enfuir à toute vitesse, une sorte d'ersatz d'alien plutôt grotesque ! Bref le tout est un très mauvais plagiat, lourd et pénible, complaisant, sans imaginaire inventif ni troublant, du vertigineux "Possession" de Zulawski. NOTE: 1/10

dimanche 4 juin 2017

L'AMANT D'UN JOUR de Philippe Garrel avec Esther Garrel , Louis Chevillotte, Eric Caravaca (France)

Un professeur de philosophie d'une cinquantaine d'années se laisse séduire par une étudiante de 23 ans , Ariane, qui emménage chez lui. Mais sa fille , Jeanne, qui a le même âge que l'étudiante, revient vivre avec lui à la suite d'une rupture très douloureuse avec son petit ami . Le film analyse aussi bien les relations de couple entre le professeur et son élève que l'amitié complice qui se tisse entre les deux jeunes femmes. Garrel fait toujours un cinéma de l'intime, presque autobiographique, et l'on peut voir dans le couple du film le reflet probable de la relation amoureuse du réalisateur avec sa scénariste Caroline Deruas , à peine plus âgée que ses grands enfants , Louis et Esther Garrel . Ce côté personnel du journal intime donne une authenticité très émouvante à ses films . Il y a quelque chose de touchant dans le portrait du professeur vieillissant que sa jeune compagne très libre sexuellement trompe avec plusieurs étudiants et qui, par souci de tolérance et d'ouverture d'esprit, ne veut pas s'avouer jaloux et blessé . Il y a aussi une belle opposition entre la liberté sexuelle de l'une et le romantisme absolu de l'autre, qui ne peut aimer qu'un seul homme et qui est prête à mourir d'amour . Et malgré ces différences sentimentales, une douce amitié bienveillante les unit affectueusement. Le noir et blanc est toujours superbe dans les films de Garrel . Pourtant celui-ci m'a semblé mineur et m'a malgré tout déçue. J'ai trouvé que le scénario était trop plat, bien qu'il ait étrangement mobilisé quatre scénaristes! Le personnage masculin ne m'a pas paru très subtil, peut-être à cause de la lourdeur embarrassée d'Eric Caravaca (je n'aime pas cet acteur qui détonne dans l'univers de Garrel) . J'ai été très sensible à la souffrance du personnage romantique de la fille que joue Esther Garrel de façon déchirante mais beaucoup moins à celui, caricatural, de l'étudiante qui fait des photos érotiques et dont on prévoit d'avance qu'elle aura des relations sexuelles dans les toilettes de tout lieu public avec tout homme qu'elle croise (ces scènes sont répétitives et pour une fois -c'est rarissime chez Garrel- filmées de façon sordide) . Peut-être à cause de la voix off littéraire et un peu prétentieuse, j'ai trouvé ce film assez artificiel et j'ai pensé que la souffrance affective des personnages était bien narcissique, alors qu'elle était si bouleversante dans L'Ombre des femmes. NOTE: 5/10

UNE FAMILLE HEUREUSE de Nana Ekvtimishvili, Simon Gross (GEORGIE)

Une femme d'une cinquantaine d'années, professeur dans un lycée de Tbilissi en Géorgie (ce n'est pas la fortune!) , décide brutalement de quitter sa famille étouffante et même hystérique . En effet elle vit avec son mari et ses grands enfants chez ses propres parents, dans un espace assez réduit . Elle loue un petit appartement modeste pour vivre seule et libre. Mais sa famille est scandalisée et n'accepte pas son choix. Tout le monde essaie de la faire revenir , y compris par la menace, le chantage et l'apitoiement. En sortant avec des amies séparées ou divorcées, elle apprend que son mari la trompait, en particulier avec une belle jeune femme dont il a été très amoureux et dont il a eu un enfant . Le film est inégal mais intéressant. Il montre les conditions de vie à Tbilissi des familles modestes, contraintes de vivre ensemble, toutes générations confondues, à cause du prix de l'immobilier , ce qui crée un climat familial tendu et oppressant avec des psychodrames permanents . Il montre aussi les mentalités archaïques des parents et des maris qui critiquent toute femme vivant seule car c'est un déshonneur public. Il faut beaucoup de courage à l'héroïne qui, avec peu d'agent, à plus de cinquante ans, décide de vivre indépendante dans un petit appartement rudimentaire mais où elle peut enfin respirer . Il y a des plans magnifiques sur cette liberté conquise où elle est simplement assise face à la fenêtre ouverte sur la nature, écoutant de la musique classique , elle vit enfin par et pour elle-même . Le film est bouleversant aussi quand elle apprend que son mari, qu'elle croyait être un brave homme, avait une double vie et qu'elle rend visite incognito à celle qui fut sa jolie maîtresse, dont la vie n'est maintenant guère enviable . Le film dresse le portrait désenchanté et sensible d'une femme d'âge mûr qui a eu une vie difficile . Il est plus conventionnel lorsqu'il montre les tentatives du mari pour reconquérir son épouse et reformer la cellule familiale . Le film opte pour une fin très abrupte qui laisse le spectateur deviner quel sera le choix ultime de la protagoniste . Il m'a semblé que ce choix pourrait être moins courageux que prévu , un retour à des compromis, mais ce n'est sûrement pas facile d'être une femme seule vieillissante en Géorgie . NOTE: 6/10

APRES LA TEMPETE d'Hirozaku KORE-EDA (Japon)

Un jeune père de famille divorcé qui aurait voulu être écrivain est contraint de travailler dans une petite agence de détectives privés pour gagner un peu d'argent afin de payer la pension alimentaire de son fils car son ex-épouse le menace de ne plus voir son petit garçon s'il ne subvient pas à ses besoins . Ce père n'a jamais d'argent, il joue au jeu le peu qu'il gagne et il est immature, alors que la mère de l'enfant essaie de l'éduquer correctement. A cause d'un typhon, ils se retrouvent tous les trois obligés de dormir chez la grand-mère paternelle qui, comme l'enfant, voudrait voir la famille se reconstruire et leur mijote des petits plats . Voilà, tout est dit dans ce résumé. Le film est d'un ennui mortel , le typhon (qui ne donne pas lieu à une séquence extraordinaire) ne survient que vers la fin et tout ce qui précède est bien lent et dépourvu d'intérêt . La mamie n'arrête pas de cuisiner ou de philosopher avec le fiston sur le sens de l'existence, quand elle ne fait pas la morale! Le personnage masculin est très antipathique, un pauvre type puéril et jaloux . C'est une histoire très banale dont seuls les derniers plans sont un peu émouvants...avant une insupportable chanson sirupeuse comme générique de fin NOTE: 1/10

LES FANTOMES D'ISMAEL d'Arnaud Despléchin avec Charlotte Gainsbourg, Matthieu Amalric, Marion Cotillard (FRANCE)

J'ai vu le film dans la version longue (2h15) que le cinéaste reconnait comme sienne , de préférence à la version commerciale plus courte. Cette version est interminable! Le film développe deux histoires en parallèle : l'une concerne un réalisateur de films qui a aimé dans sa jeunesse une femme qui l'a quitté brutalement et qui réapparait au bout de vingt ans alors qu'il vient de rencontrer une autre femme qui l'aime sincèrement ; l'autre histoire est celle d'un espion et je n'y ai rien compris. Le film m'a vivement déçue car il part très vite dans tous les sens , en roue libre, larguant complètement le spectateur par des digressions incohérentes qui nous entraînent sans raison aussi bien au Tadjikistan qu'à Prague et à Tel Aviv (épouvantable scène sur le terrorisme dans l'avion). Le point de départ était très émouvant avec le surgissement de cette femme disparue aimée dans sa jeunesse, mais il est vite abandonné au profit d'une histoire d'espionnage internationale incompréhensible autour de Louis Garrel et une réflexion narcissique qui s'affiche ostensiblement comme terriblement tourmentée sur les affres de la création d'un cinéaste insomniaque ( la fameuse mise en abyme éculée du cinéma d'auteur qui veut réfléchir le cinéma ) . Il y a quelques séquences très émouvantes avec la délicate Charlotte Gainsbourg (cette actrice si sensible devient vraiment magique) , beaucoup plus attachante que le personnage de Marion Cotillard. Amalric est très bien quand on ne lui demande pas de jouer des scènes d'hystérie (hélas il y en a plusieurs) . Les personnages secondaires, comme la femme jouée par l'actrice italienne Alba Rohrwacher, n'ont aucune caractéristique ni raison d'être. Le film est très confus , vraiment très mal construit et finalement très artificiel, je le trouve complètement raté et surtout très inférieur aux Trois souvenirs de ma jeunesse. NOTE: 2/10

L'AMANT DOUBLE de François Ozon avec Marine Vacth , Jeremie Renier (France)

Une jeune femme va consulter un psychanalyste et réussit à le séduire . Il tombe sincèrement amoureux d'elle et peu après ils commencent ensemble une vie de couple stable. Mais la jeune femme s'aperçoit que son compagnon a un frère jumeau dont il ne lui a pas parlé car il le déteste. Ce jumeau, plus dominant que son mari, la séduit sexuellement . Mais la rivalité intime entre les deux jumeaux a déjà existé de façon analogue il y a quelques années, en particulier autour d'une femme qui est peut-être la jumelle secrète de l'héroïne ...ou bien elle est devenue folle! J'ai vu sans enthousiasme ce film tarabiscoté. Il s'agit d'un pur exercice de style sur le double thème du double autour de jumeaux masculins et féminins existants ou fantasmés : on finit vite par se perdre dans le labyrinthe du scénario, c'est l'objectif du vertige communiqué par ce film sur la psychose. Ce qui m'a surtout gênée c'est l'artifice de la mise en scène glacée en constant trompe-l'oeil et jeux de miroirs, mais j'ai aussi été agacée par l'excès de références cinéphiliques à Hitchcock, Polanski et Cronenberg (et même Verhoeven ou Lynch ou encore des cinéastes asiatiques) qui ôte toute originalité au film. De plus Ozon intègre dans ce thriller psychanalytique une multitude d'ingrédients déjà vus comme la confusion entre rêve, désirs et réalité, une intrigue policière, des scènes d'horreur, des séquences érotiques et des chats étranges. Il cherche à explorer la complexité de la sexualité féminine comme dans Jeune et jolie que je n'aimais pas et, encore dans ce film, tout me semble sonner faux . Marine Vacth y joue un peu le même rôle d'une jeune femme très belle et aseptisée, ne livrant rien d'elle-même . Le film m'a paru vain. NOTE: 2/10

lundi 17 avril 2017

THE LOST CITY OF Z de James Gray avec Charlie Hunnam et Robert Pattinson (USA)

Le film de James Gray retrace les voyages de l'explorateur Percy Fawcett au début du XXe siècle, envoyé en Amazonie par la Société géographique royale d'Angleterre afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Cette mission périlleuse dont il accepte le défi d'abord pour acquérir un certain prestige personnel , lui révèle , malgré les dangers, la fascination pour la jungle . Bien qu'il soit attaché à sa femme et à ses enfants, l'explorateur est hanté par cet univers sauvage et par le rêve tenace de découvrir une mythique cité perdue au coeur de la forêt . Le long film de James Gray, si différent de ses oeuvres new-yorkaises précédentes, ne m'a pas enthousiasmée. La première expédition sur un radeau en Amazonie est intéressante mais très fortement influencée par le sublime film d'Herzog Aguirre la colère de Dieu, jusque dans l'apparition d'une scène d'opéra en pleine jungle, mais la mégalomanie vertigineuse et le délire en moins malheureusement. Le sage et policé Charlie Hunnam n'a rien d'un Klaus Kinski hagard et possédé ! Cette expédition se veut aventureuse mais tous les périls attendus y surviennent les uns après les autres: flèches des Indiens hostiles, tribus cannibales, bêtes sauvages, fièvres tropicales, famine, rapides. ..Bref James Gray ne renouvelle pas le classique film d'aventures dans la jungle. Même si notre héros courageux , dont le film est un biopic avec les défauts flatteurs du genre, repart plusieurs fois dans la forêt bolivienne , de très nombreuses séquences le montrent de retour dans sa famille et ces conventionnelles retrouvailles sentimentales avec l'épouse fidèle pleine d'abnégation sont exaspérantes . En outre, on le voit aussi affronter ses adversaires britanniques , envieux ou bornés, et l'on se croit encore à l'époque de la controverse de Valladolid . Il manque à ce film lourd et sans inspiration et à cet explorateur trop civilisé , la folie démesurée d'Apocalypse Now et le souffle épique des romans de Conrad. NOTE:3/10

L'AUTRE COTE DE L'ESPOIR d'Aki Kaurismaki (FINLANDE)

Helsinki de nos jours. Tandis qu'un représentant de commerce d'âge mûr décide de quitter sans un mot son épouse alcoolique avec laquelle il menait une vie sinistre pour réaliser son rêve d'ouvrir un petit restaurant , un jeune immigré clandestin syrien, Khaled, débarque au port de la cargaison de charbon d'un bateau où il s'était dissimulé . Khaled (Sherwan Hadji poignant) demande l'asile politique en Finlande mais ce n'est pas facile à obtenir . Ce n'est pas un pays de rêve et il doit se cacher s'il veut survivre. Il se lie d'amitié avec un réfugié irakien et il trouve enfin un emploi dans le modeste restaurant de l'ex-représentant . Merveilleux Kaurismaki qui traite en magicien des émotions ce sujet tristement actuel avec un ton étonnant fait d' un miraculeux équilibre entre l'humour noir et l'empathie la plus profonde! De ne pas s'attendrir avec complaisance, le film n'en est que plus humain et bouleversant. Il parle de ces drames terribles du monde actuel et pourtant il le fait avec une grâce légère et émouvante . Mais les quelques paroles du silencieux Khaled qui rappellent l'anéantissement de la Syrie et la douleur des familles détruites ou dispersées ont un poids encore plus fort que ce que montreraient des images. Le film présente la vraie vie de quelques oubliés de la terre, leurs tentatives hasardeuses pour prendre un nouveau départ, leurs rencontres aléatoires et pourtant solidaires, mais le style est très cinématographique et romanesque , loin de la platitude du documentaire social, créant de saisissantes atmosphères auréolées par l'impact des couleurs, des lumières et des musiques entrainantes de vieux rockers toujours jeunes. Ce film à la fin mi-heureuse mi-tragique , pudiquement altruiste et fraternel, est un coup de coeur et un enchantement à contempler. NOTE: 9/10

SILENCE de Martin Scorcese avec Adam Driver (USA)

Au XVIIème siècle, deux jeunes jésuites portugais se rendent au Japon pour accomplir la mission périlleuse de retrouver celui qui a été leur formateur et leur guide spirituel , le père Ferreira, disparu alors qu'il était parti répandre le catholicisme dans ce pays lointain où les chrétiens sont persécutés. Ils commencent par faire un dangereux voyage maritime, puis ils accostent enfin à destination où ils découvrent de petites communautés secrètes de chrétiens qui risquent chaque jour d'être dénoncés et torturés afin d'abjurer leur foi, puis exécutés de façon barbare. Ils ont beaucoup de difficultés à retrouver la trace du père Ferreira , leur vie est sans cesse mise en péril à travers de multiples aventures et ils assistent impuissants à des supplices atroces ...Je n'ai pas été très convaincue par ce film invraisemblablement tourné en anglais commercial , aux incessants rebondissements qui a pourtant un rythme assez lent et surtout qui se plait à accumuler les scènes de tortures variées sur lesquelles il s'attarde très longuement avec une complaisance pénible. Scorcese semble faire un catalogue de tout ce que l'imagination humaine peut inventer de barbare pour faire souffrir son prochain . Il introduit aussi un personnage de traître à répétition qui semble d'abord intéressant par la complexité de son caractère tourmenté , mais qui perd peu à peu toute crédibilité jusqu'à en devenir burlesque car il trahit systématiquement de manière prévisible et presque mécanique, cela devient une sorte de gag! Le titre désigne le silence de Dieu face aux persécutions de ses fidèles. C'est le point intéressant du film: pourquoi Dieu reste-t-il indifférent face à la souffrance humaine? Les moments d'émotion viennent de cette interrogation métaphysique poignante et désespérée qui trouve évidemment un écho chez les croyants d'aujourd'hui, comme le cinéaste. Il y a quelques très beaux passages liés au tragique de ce silence divin, à l'éloignement implacable de Dieu, à son absence terrestre et peut-être à son inexistence. Alors se pose la terrible question: cela vaut-il la peine et cela a-t-il un sens de lui consacrer sa vie et de croire encore en lui? Le sacrifice n'est-il pas vain? Le pari sur la vie éternelle n'est-il pas perdu d'avance? La réponse suggérée par le film sans aucune lueur divine ni transcendance est très pessimiste. NOTE: 5/10

LA CONFESSION de Nicolas Boukhrief avec Romain Duris, Marine Vacth (France)

Le film est une nouvelle adaptation du roman de Béatrice Beck, Léon Morin, prêtre. Il présente une reconstitution historique soignée de la vie quotidienne d'une petite ville française sous l’Occupation allemande, essentiellement vue par les mentalités d'un petit groupe d'employées qui travaillent à la poste . L’arrivée d’un nouveau prêtre , jeune et séduisant, suscite l’intérêt de toutes les femmes et chacune cherche à attirer son attention, bien qu'il paraisse d'une droiture exemplaire. Il prend en effet son sacerdoce à coeur . Barny, jeune femme communiste et athée dont le mari est parti à la guerre, est la seule à sembler indifférente à ce prêtre . Pourtant elle est intriguée par lui , par sa foi qu'elle cherche à remettre en question , et il souhaite sincèrement la convertir en lui donnant des leçons de catéchisme. Ils vont ainsi se retrouver souvent seuls ensemble. Le film est bien fait mais sans aucune surprise ni réel intérêt. Ce roman a déjà été porté à l'écran, pourquoi le mettre de nouveau en images aujourd'hui? NOTE:3/10

CHEZ NOUS de Lucas Belvaux avec Emilie Dequenne, André Dussollier (France)

Une jeune infirmière à domicile dévouée et d'un milieu modeste qui élève courageusement seule ses enfants est recrutée par un ami de longue date, médecin d'âge mûr en qui elle a toute confiance, pour se présenter aux élections locales dans le Nord de la France comme représentante du Front National. Elle ne connait rien à la politique mais elle est très aimée par ses patients et c'est justement ses qualités humaines que le collaborateur de Marine Le Pen veut utiliser. Il réussit à faire croire à la naïve qu'elle s'engage au service des autres pour une société plus juste et elle le fait par idéalisme sans se douter de la manipulation. Évidemment, elle se trouve vite impliquée dans une idéologie qui n'est pas la sienne et reniée par son vieux père communiste. De plus elle retrouve un ancien copain dont elle tombe amoureuse, sans savoir qu'il est responsable d'actes racistes odieux . Cette fréquentation nuit à la nouvelle image édulcorée que veut donner le FN. Le film n'est pas sans intérêt car il montre les coulisses machiavéliques de la fabrication artificielle d'une candidate idéale pour inspirer confiance et la façon dont son idéalisme candide (pour ne pas dire niais) est utilisé comme moyen de propagande. A quelques semaines des élections présidentielles , le film parait effrayant et donne la nausée. Il a cependant beaucoup de défauts : le recrutement de la jeune infirmière n'est guère crédible , son angélisme et son dévouement finissent par être exaspérants , la façon de filmer purement didactique manque d'originalité, les scènes très dures de bastonnade semblent sorties du film de Diastème Un français sur l'ultra-violence de l'extrême-droite, la présence de Marine Le Pen à peine déguisée incarnée de façon comique par Catherine Jacob ressemble trop à une caricature d'émission satirique et la happy end in extremis morale célèbre trop bêtement les bons sentiments. NOTE: 3/10

JE DANSERAI SI JE VEUX de Maysaloun Hamoud (Palestine)

Le premier film de la réalisatrice palestinienne Maysaloun Hamoud raconte la vie de trois jeunes femmes arabes d'aujourd'hui colocataires d'un appartement à Tel Aviv . Deux d'entre elles qui travaillent et sont autonomes financièrement sont très émancipées, elles sortent la nuit , dansent, boivent, draguent et fument; l'une s'assume librement comme lesbienne et s'éprend d' une jeune fille, et l'autre, au look très sexy , a une relation amoureuse avec un bel homme . La troisième est une étudiante traditionnelle beaucoup plus réservée, qui porte le voile, fiancée à un Arabe intégriste. Le film, baigné de rythmes musicaux entrainants, a une vitalité communicative et se présente comme un hymne stimulant à la liberté revendiquée des jeunes femmes modernes en Israël , qui veulent profiter pleinement de leur indépendance sans interdits. Les séquences avec les trois filles sont vivantes et directes, comme si elles étaient improvisées et s'enchainent avec une fluidité plaisante. Malgré l'entrain qui l'anime, le film est plutôt pessimiste car il montre que ces jeunes femmes finissent tôt ou tard par se heurter aux préjugés qui subsistent dans leur famille d'origine (où l'homosexualité est un scandale) ou chez les hommes s'il s'agit de s'engager sérieusement. La réalisatrice brosse des portraits très négatifs des personnages masculins qui restent dominateurs, lâches, méprisants pour la femme et finalement très intransigeants . Elle montre qu'ils n'acceptent de cette évolution des femmes que ce qui les arrange momentanément, et que les mentalités archaïques sont toujours très solidement ancrées au plus profond d'eux . Constat amer mais, du coup, l'amitié et la complicité des femmes entre elles en sont encore plus précieuses. Le film n'est pas complètement réussi, il est un peu manichéen et ce qu'il dénonce n'est pas nouveau, il abuse des séquences cigarettes quand les personnages n'ont rien à se dire, mais il est intéressant et agréable à découvrir. NOTE: 6/10

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